Politique belge

L'audition de Patokh Chodiev par la commission d'enquête parlementaire n'a pas appris grand chose aux députés, est-il apparu mercredi à l'issue d'une séance à huis-clos. Le milliardaire belgo-ouzbek est au centre de l'affaire du "Kazakhgate" qui occupe la commission d'enquête parlementaire constituée à la suite des révélations sur la transaction pénale dont il a bénéficié en compagnie de deux autres hommes d'affaires. L'homme avait d'abord refusé de se présenter devant la commission avant qu'une formule de rechange ne soit trouvée, à savoir une audition par videoconférence depuis l'ambassade belge à Moscou.

Si l'audition s'est bien déroulée d'un point de vue technique, elle n'aura pas appris grand chose aux députés. L'intéressé a fait valoir son droit au silence.

"Je n'ai pas été en capacité de poser les questions que je voulais poser à M. Chodiev, sur sa naturalisation, sur l'intervention du président du Kazakhstan auprès du président de la République française pour l'aider à se sortir de ses ennuis judiciaires, etc.", a expliqué le député Georges Gilkinet (Ecolo).


"M. Chodiev était invité en tant que témoin mais nous avons entendu une sorte de plaidoyer de quelqu'un qui s'estime victime d'un système politique, juridique et médiatique", a confié Francis Delpérée (cdH).

Les avocats de Patokh Chodiev ont déploré, mercredi soir par voie de communiqué, que certains parlementaires aient divulgé dans la presse des éléments de l'audition à huis-clos de leur client. "Une fois de plus il apparaît que, tel que cela a été le cas depuis le début des travaux de la commission en janvier 2017, certains membres de la commission ne respectent systématiquement pas son règlement", estiment les conseils de M. Chodiev.

Ceux-ci soulignent d'ailleurs que leur client a fait lors de cette audition une "une déclaration substantielle à laquelle apparemment les membres de la commission n'ont pas prêté attention".

Les conseils de M. Chodiev vont adresser une nouvelle lettre au président de la commission Dirk Van der Maelen, "lui signifiant l'inacceptabilité de cette nouvelle transgression du règlement". Par ailleurs ils examineront l'opportunité de prendre des dispositions à l'encontre des parlementaires indélicats, concluent-ils.

Cette audition était la dernière de la commission qui va poursuivre son travail sur ses recommandations.