Politique belge

Avec les remerciements de Didier Reynders, vice-Premier MR. Parmi les personnes auditionnées vendredi par la commission Kazakhgate : Jean-Pierre Mazery, ancien grand chancelier de l’Ordre de Malte, une organisation citée dans l’affaire. 

Le témoin a livré une description peu flatteuse de Jean-François Etienne des Rosaies, homme clé dans le Kazakhgate. C’est ce dernier qui avait été chargé par l’Elysée de monter une équipe d’avocats (dont fera partie Armand De Decker) pour défendre Patokh Chodiev à Bruxelles. C’est lui aussi qui a rédigé des mails saisis par les enquêteurs français dans lesquels apparaissent des noms de potentiels suspects. Dont Didier Reynders.

L’homme qui en fait trop

Jean-François Etienne des Rosaies a été le conseiller de l’Ordre de Malte et France pendant plusieurs années. Si les relations que Jean-Pierre Mazery entretenait avec lui étaient d’abord très bonnes, elles se sont ensuite dégradées, certainement en 2013 lorsque le grand chancelier a appris que l’émissaire de l’Elysée avait usurpé un titre de représentant de l’Ordre de Malte pour pousser l’anoblissement de l’industriel belge Georges Forrest devant le ministère des Affaires étrangères, occupé par Didier Reynders.

"Jean-François Etienne des Rosaies est un homme qui a le souci d’être au centre des grandes affaires, de tirer les ficelles. Mais il en fait trop", a décrit M. Mazery vendredi. Sentant le vent tourner en faveur de Didier Reynders, le député MR David Clarinval lui a demandé de préciser sa pensée. "Il a beaucoup de cordes à son arc, mais il a aussi un fort besoin de reconnaissance. Il veut faire croire que c’est lui qui pilote tout", a répondu le témoin. Et M. Clarinval de se demander si M. Etienne des Rosaies était homme "à se faire mousser" au point d’écrire "des choses fausses" - comprenez : les mails dans lesquels le vice-Premier MR apparaît. "C’est exactement cela !", a lâché Jean-Pierre Mazery. "Il va trop loin." On peut imaginer sans peine que M. Reynders ressortira ce témoignage vendredi prochain, lorsqu’il sera auditionné par la commission Kazakhgate.

Enfin, l’ex-grand chancelier a démenti être la personne qui a mis en contact Armand De Decker et Catherine Degoul, l’avocate française de Chodiev, comme l’avait affirmé aux enquêteurs l’ex-sénateur MR.