Politique belge

Le gouvernement réuni en comité restreint est parvenu à boucler un accord dans la nuit de lundi à mardi. "Agreement" a tweeté le Premier ministre Charles Michel un peu avant 1h. L'accord inclut le budget 2019, le "deal pour l'emploi", l'indemnisation des coopérants d'Arco, à laquelle est liée la privatisation partielle de Belfius, ainsi que la venue d'un 4e opérateur mobile sur le marché des télécoms en Belgique. ( Toutes les infos sur l'accord ici )

Les détails manquaient sur les mesures qui ont été prises. Une conférence de presse est annoncée mardi à 11h.

Juste après l'annonce de l'accord, La Libre a pu recueillir la réaction du ministre fédéral de l'Emploi, Kris Peeters.

Il est une heure du matin. Votre sentiment après ces trois semaines de travail?

"Très heureux ! Nous sommes contents d'avoir pu finalement obtenir un accord sur Arco, qui nous permettra de dédommager un très grand nombre de coopérateurs. Normalement, cela devrait pouvoir se faire à la fin octobre mais le dossier est évidemment lié à Belfius. L'entrée en Bourse (30% des actions, du moins, NDLR) de la banque va servir en partie à financer un fonds qui va rembourser les coopérateurs. Nous informerons l'Europe de cet accord, un feu vert préalable n'est pas nécessaire"

"Je suis aussi très heureux que l'on ait pu obtenir un accord sur le marché de l'emploi, qui complète très utilement tout le travail qui a été fait jusqu'alors. Le but du job's deal n'est pas de pénaliser, mais bien d'activer le marché du travail. On va prévoir la dégressivité des allocations de chômage, mais de manière partielle, et on va surtout prévoir des mesures incitatives, en collaboration avec les Régions, pour résoudre ce problème des métiers en pénurie."

Tout cela coûte de l'argent, non?

"Oui et non. Globalement, on a tenu compte d'un effet positif de 400 millions d'euros."

On a senti des tensions assez vives par moments dans ces négociations...

"Oui, il y en a eu. Parfois, cela n'a pas été facile mais Charles Michel a vraiment très bien travaillé. Ce n'était pas simple, il y avait beaucoup de points sur la table mais il est arrivé à ce qu'on arrive à un accord. Le seul point sur lequel on a décidé d'un report, c'est sur les F-16, mais on a encore un peu de temps pour y arriver."

On parle du job's deal et d'Arco. On en oublierait presque qu'il y avait trois milliards à combler pour respecter la trajectoire budgétaire prévue dans le Pacte de stabilité...

"On a prévu 400 millions dans le cadre du job's deal, mais il y a deux autres volets. Il y a un volet santé, du côté de Maggie de Block, et on a recalculé les recettes fiscales issues de l'impôt des sociétés. En tenant compte de tout, on arrive à trouver 3,1 milliards d'euros."


David Clarinval: "Il sera nécessaire d'obtenir le feu vert de la Commission européenne"

En revanche, pour le chef de groupe MR à la Chambre David Clarinval, "il sera nécessaire d'obtenir le feu vert de la Commission européenne concernant l'accord sur Arco, sinon cette opération ne pourra pas avoir lieu", a-t-il souligné sur les ondes de La Première (RTBF).

Le vice-Premier ministre N-VA Jan Jambon insiste lui aussi sur le rôle que la Commission européenne sera appelée à jouer dans le dossier Arco/Belfius.

"C'est un dossier qui sera suivi aussi par les milieux européens. Nous vivons dans un État de droit où l'Europe elle aussi a un rôle à jouer. Nous ne ferons évidemment rien à l'encontre des règles juridiques", a commenté M. Jambon sur Radio 1. D'ailleurs, le règlement Arco ne pourra s'appliquer avant l'entrée en Bourse de Belfius, ajoute-t-il. "Cela se fera sous le regard attentif de l'Europe. Les deux vont de pair", selon M. Jambon.


"Beaucoup de déclarations politiques sur Arco, mais encore rien de concret" (Deminor)

Le cabinet de conseils aux actionnaires Deminor, qui représente plus de 2.000 coopérateurs d'Arco, se veut prudent après l'annonce d'un accord au sein du gouvernement fédéral en vue d'un dédommagement des 800.000 coopérateurs du bras financier du mouvement ouvrier chrétien. "Nous appelons à la prudence. C'est la énième déclaration politique. Il n'y a pas réellement d'accord tant que toutes les parties ne s'y sont pas ralliées et qu'il n'est pas bétonné d'un point de vue juridique", estime l'avocat Erik Bomans.

Deminor attend de connaître les détails concrets avant de faire davantage de déclarations. "Nous demandons à nos clients d'attendre calmement. Dans tous les cas, nous ne conseillerons pas d'accepter quelque chose qui n'est pas bétonné d'un point de vue juridique".