Politique belge

La Région bruxelloise est à son tour une zone de guerre politique depuis que Céline Fremault, unique ministre CDH du gouvernement Vervoort, a invité Olivier Maingain, président de Défi, son partenaire de majorité, à œuvrer à exclure le Parti socialiste du pouvoir.

Son constat : le scandale du Samusocial n’est pas seulement l’affaire de la Ville de Bruxelles mais bien du gouvernement bruxellois puisque deux membres des cabinets Vervoort (PS) et Smet (SP.A) ont assisté, en février dernier, à un séminaire organisé par le Samusocial dans le dos du CDH. Cette sortie est volontiers qualifiée, dans les rangs de la majorité francophone, de prétexte pour aligner le CDH bruxellois sur la position du parti qui entame des négociations avec le MR pour renverser le PS en Wallonie.

"Un cahier des charges"

Cette sortie doit ensuite alourdir la pression sur Défi, toujours loyal à son accord de majorité avec le PS et qui n’a de cesse de braquer les projecteurs sur la Ville de Bruxelles. Et Défi ne s’en laisse pas conter puisque son président Olivier Maingain a déclaré, dimanche soir, qu’il était hors de question de répondre à la demande de Céline Fremault : "Le comportement du CDH a été plusieurs fois très léger à notre égard. Je le répète, il faut d’abord nettoyer les écuries", a-t-il déclaré au JT de la RTBF.

Olivier Maingain a donc décidé de prendre l’initiative et d’inviter Ecolo à discuter avec lui afin "d’établir un cahier des charges sur la réforme profonde de la gouvernance publique. Nous le présenterons aux trois autres partis responsables des différents scandales et ils devront se positionner." Ecolo, prévenu par Olivier Maingain avant son annonce, réserve sa réponse pour ce lundi après le bureau politique. 

Au MR et au CDH, la volonté du président de Défi agace au plus haut point. On l’accuse de vouloir sauver, à n’importe quel prix, la tête du PS à Bruxelles et en Fédération Wallonie-Bruxelles. Au MR, on se demande aussi quelle sera désormais l’attitude du CDH au sein du gouvernement bruxellois.

Pour le MR et le CDH, Défi veut sauver la tête du PS

Dimanche, il apparaissait aussi que cette rupture de confiance exprimée à l’égard de la famille socialiste dans son ensemble étend la crise politique à l’aile néerlandophone de la majorité régionale. Celle-ci regroupe Open VLD, CD&V et SP.A. Guy Vanhengel, ministre régional des Finances (et proche de Rudi Vervoort) a pris l’initiative, selon plusieurs sources proches du gouvernement. Samedi soir, il aurait signifié à Céline Fremault que la cote d’exclusion qu’elle a donnée au SP.A et à son ministre Pascal Smet, le pousse à envisager un changement de majorité côté néerlandophone. 

Les écologistes de Groen ayant explicitement fermé la porte à toute participation gouvernementale, l’Open VLD, par ailleurs sous pression permanente de sa direction pour se distancier du PS, n’aurait plus d’autre choix que d’ouvrir une discussion avec la N-VA. Il est évident que pareil scénario constitue un repoussoir idéologique difficilement franchissable pour Défi, même si la N-VA acceptait de mettre ses velléités communautaires au frigo jusqu’à la fin de la législature. 

Du bluff, estime-t-on au CDH. "Le VLD ne fera jamais monter son pire ennemi à Bruxelles", ajoute-t-on. Par ailleurs, à Bruxelles, les partis d’une communauté linguistique n’interviennent jamais dans les négociations de l’autre. Le CDH n’a jamais demandé l’exclusion du SP.A, explique encore une source humaniste.