Politique belge

Théo Francken dénonce une chasse aux sorcières

Le secrétaire d'Etat à l'Asile et la Migration a jugé ce mardi midi "inacceptable de faire subir cette chasse aux sorcières à un homme de nonante ans", faisant référence à Bob Maes. "J'étais présent ce week-end à l'anniversaire de Bob Maes", reconnaît Théo Francken. "Sénateur d'honneur, Bob Maes a fêté ses nonante ans à la maison communale de Zaventem. Il s'agissait d'une fête officielle, en présence du bourgmestre de Zaventem."

M. Maes "a été membre depuis le début de la Volksunie et de la N-VA". Il "est respecté, tant au sein qu'à l'extérieur du nationalisme flamand, pour son important apport et son combat démocratique pour l'émancipation flamande", souligne encore le député, qui juge "inacceptable de faire subir cette chasse aux sorcières à un homme de nonante ans".

Démenti: Une fête organisée par la N-VA

La fête d'anniversaire du fondateur du VMO Bob Maes le week-end dernier à Zaventem était un événement privé organisé à l'initiative de la section locale de la N-VA, a affirmé mardi le bourgmestre de cette commune du Brabant flamand, Francis Vermeiren (Open Vld). Il apporte ainsi un démenti formel aux propos du secrétaire d'État N-VA Theo Francken, selon qui cette fête d'anniversaire, à laquelle il a assisté en même temps que le ministre flamand Ben Weyts (N-VA), était un événement officiel.

"C'était une initiative privée de la section locale de la N-VA, à laquelle j'ai assisté dix secondes pour remettre mes bons voeux à Bob Maes, qui a siégé 15 ans au conseil communal", a commenté Francis Vermeiren. L'événement s'est tenu dans la salle du conseil communal de Zaventem, qui peut être louée par des associations locales, a-t-il précisé.

"Dans ce cas-ci, la salle a été louée par la section locale de la N-VA qui m'a demandé d'être présent. J'y suis passé par politesse pour féliciter Bob Maes. A ce moment-là, aucun des ministres n'était encore présent. Je suis donc très surpris d'entendre que Theo Francken et Ben Weyts y sont passés aussi", a ajouté le bourgmestre.




Appels à la démission

Le PS, le FDF, le PTB et le sp.a demandent ce mardi la démission du frais émoulu secrétaire d'Etat à l'Asile et la Migration Théo Francken. Le PTB réclame aussi la démission du ministre flamand de la Mobilité, Ben Weyts. Les deux ministres étaient présents à l'anniversaire, le week-end dernier, de l'ancien membre du Vlaams Nationaal Verbond (VNV) Bob Maes. Le VNV a collaboré avec les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale. Les deux hommes faisaient partie de la vingtaine d'invités au nonantième anniversaire de Bob Maes. Ben Weyts aurait même prononcé un discours, selon le blog du Front antifasciste.

Cela dit, notons que le PS et le FDF étaient au pouvoir avec la Volksunie, alors que Bob Maes siégeait en tant que sénateur...


Interrogée sur Télé-Bruxelles, Karine Lalieux, députée fédérale, a souligné que le Parti socialiste réclamerait la démission de M. Francken.

Karin Temmerman, la chef de groupe sp.a à la Chambre, avait tweeté ceci peu de temps avant :


Le groupe sp.a au parlement flamand réclame pour le ministre flamand Ben Weyts (N-VA) une clarification de la part du ministre-président flamand Geert Bourgeois (N-VA). "Je veux avant tout une clarification de la part du ministre-président: quelles sont les règles pour les ministres flamands?", a demandé le chef de groupe sp.a John Crombez.

Né en 1924, Bob Maes est un militant nationaliste qui a rejoint la Jeunesse national-socialiste de Flandre puis le VNV durant la guerre. Il s'est rendu en 1944 et a été privé de ses droits politiques durant vingt ans. Bob Maes a ensuite fondé et dirigé l'"Organisation des militants flamands" (VMO), association nationaliste radicale dissoute en 1971. Il a été sénateur de 1971 à 1985 et conseiller communal à Zaventem de 1972 à 1986.

Sa fille, Lieve, a été élue au Sénat en 2010 sur la liste N-VA et siège depuis les élections de mai au Parlement flamand.

"Il est très inquiétant que deux membres de gouvernements soient présents à la fête de quelqu'un qui a collaboré pendant la Deuxième Guerre mondiale, qui n'a jamais montré aucun regret et qui ensuite, après la guerre, a même mis sur pied un commando de choc paramilitaire d'extrême droite, le VMO", commente Peter Mertens, président du PTB.

Sur Twitter, plusieurs personnes ont publié des photos de ce rassemblement :


Sollicité par l'Agence Belga, le ministre flamand Ben Weyts reconnaît avoir été présent à la cérémonie d'hommage "pour un homme aimable de 90 ans, ancien sénateur Volksunie et père d'une députée flamande". "Et avec plaisir, même, Bob est un nationaliste-flamand, très méritant, très idéaliste et démocrate", ajoute-t-il. "L'extrême gauche est-elle si désespérée qu'elle fait de telles imbécillités une polémique politique?"

L'appel du PTB intervient au lendemain d'une polémique concernant les déclarations d'un autre ministre N-VA, Jan Jambon. Dans un entretien à la Libre Belgique (voir ici), le ministre de l'Intérieur avait estimé que la collaboration avec l'occupant allemand était "une erreur", mais qu'il fallait prendre du recul. "C'est plus facile à dire après. Les gens qui ont collaboré avec les Allemands avaient leurs raisons. Moi, je ne vivais pas à cette époque-là", avait-il indiqué.

Les partis d'opposition ont vivement appelé le Premier ministre Charles Michel à condamner ces propos. M. Jambon a effectué une mise au point en fin de journée, lundi.

Le cdH demande une condamnation sans ambiguïté par le Premier ministre

Suite à cette polémique, le président du cdH Benoît Lutgen a demandé à Charles Michel de "condamner sans délai et sans ambiguïté les liens établis entre le secrétaire d'Etat Théo Francken et le VMO, milice privée d'extrême-droite interdite dans notre pays". Dans son communiqué, le parti centriste n'appelle toutefois pas à la démission comme l'ont fait le PTB, le sp.a et le PS.

Le cdH réitère aussi sa demande au Premier ministre de condamner sans ambiguïté les propos du vice-Premier ministre N-VA Jan Jambon. Le parti demande également la mise à l'écart de Joy Donné, chef de cabinet de Jan Jambon. "Ce personnage avait été pris en flagrant délit à jeter son PV sur la voie publique alors qu'il emmenait, dans son véhicule, le président de la N-VA. Cet homme se trouvait dans l'illégalité puisque ses plaques d'immatriculation avant et arrière étaient différentes. Le cdH ne peut accepter que cet individu devienne chef de cabinet du ministre de l'Intérieur qui a la tutelle sur la Police", commente Benoît Lutgen.

Cela n'a pas empêché Olivier Maingain de réclamer également la démission de M. Jambon. A son arrivée à la Chambre, ce mardi midi, pour la déclaration de politique générale, le président des FDF a souligné que les N-VA Jambon et Francken démissionnent.