Politique belge

La CGSP-Enseignement a dit lundi adhérer à la nouvelle mouture des conclusions du Pacte pour un enseignement d'excellence. Elle insiste toutefois pour que le plan de réforme de l'école francophone se fasse sur base des équilibres fixés lors des dernières négociations menées début mars. Selon le syndicat, l'inquiétude sur les modalités de concrétisation des mesures du pacte reste néanmoins grande auprès de ses affiliés.

Ceux-ci demandent également que les conditions "extrêmement difficiles" de travail pour les enseignants et d'apprentissage pour les élèves -qui n'ont selon eux pas été pris en compte dans le Pacte- soient à présent intégrées dans les négociations sectorielles bisannuelles.

Le syndicat déplore aussi que la situation de quasi-marché scolaire et la concurrence entre établissements qui prévaut en Fédération Wallonie-Bruxelles restent "les grands oubliés du pacte".

En conclusion, la CGSP-Enseignement annonce qu'elle continuera à participer aux "travaux en front commun syndical afin que le processus d'opérationnalisation des réformes envisagées tienne compte des appréhensions, des inquiétudes et des obstacles relevés par les enseignants".

Le Setca, lundi après-midi, a lui aussi confirmé sa volonté de poursuivre les discussions. Il entend quant à lui "y adopter une position offensive, préservant sa capacité de critique et de pression, et combattra toutes les mesures qui détérioreraient le statut et les conditions de travail des membres du personnel." Il met également en avant différents points d'attention. Parmi eux, on retrouve les craintes du Setca de voir s'imposer à la suite du Pacte une "approche manageriale" de l'enseignement, qui ne lui apparaît pas permettre de "considérer les enseignants comme des professionnels", et de "redonner le plaisir d'enseigner". Le Setca relève encore les inconnues quant au contenu du futur tronc commun, et l'absence de "balises claires" quant aux futures charges de travail des enseignants.

Ces positions de la CGSP-Enseignement et du Setca-Sel interviennent après les feux verts des syndicats libéraux vendredi. L'avis de la CSC est attendu ce lundi soir.


Toujours inquiète, la CSC-Enseignement accepte néanmoins de poursuivre les discussions

Après les syndicats libéraux et socialistes, les instances de la CSC-Enseignement se sont dit prêtes lundi soir à poursuivre les négociations autour du Pacte pour en enseignement d'excellence, tout en restant très critique envers le plan de réforme.

"La plupart des inquiétudes, des doutes, des oppositions, exprimés suite à la diffusion (en décembre dernier, ndlr) de l'avis 3 du Pacte et notre position de fond demeurent. A ce stade, il n'y a toujours pas de confiance et d'adhésion suffisantes aux réformes envisagées", indique le syndicat dans un communiqué.

Mais après les engagements reçus du gouvernement début mars en matière du maintien du volume global d'emplois, de financement des réformes, de la charge de travail, etc., le syndicat a néanmoins décidé lundi de poursuivre les négociations sur la mise en oeuvre des réformes.

"Le travail est en effet loin d'être terminé. Dans le cadre des négociations, nous veillerons prioritairement à préserver et à concrétiser les acquis de la négociation, à défendre les conditions de travail des personnels, à relayer et à soutenir les positions de nos affiliés, à exiger des textes précis avec des objectifs progressistes et réalistes, à défendre des mesures destinées, à augmenter la mixité sociale et à lutter contre le quasi marché scolaire ainsi qu'à défendre les différents niveaux d'enseignement et leurs spécificités", souligne la CSC-Enseignement.

Cette prise de position du syndicat chrétien boucle les consultations menées ces deux dernières semaines par les différents syndicats enseignants après l'accord, début mars, autour d'une nouvelle mouture des conclusions du Pacte.

Celles-ci peuvent donc être transmises au gouvernement de la Fédération qui devrait évoquer ce sujet lors de sa prochaine réunion de gouvernement, mercredi matin.

Fruit de plus de deux ans de réflexion et négociations entre les différents acteurs de l'enseignement, le Pacte d'excellence vise à rendre l'école francophone plus performante et moins inégalitaire à l'horizon de 2030.