La colère de Di Rupo contre "tous ces défaitistes! "

Belga, Antoine Clevers et Christian Carpentier Publié le - Mis à jour le

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Politique belge

Le gouvernement Di Rupo fête ses six premiers mois d’existence, ce mercredi. Flonflons et cotillons, s’abstenir. La justice grogne sur son manque de moyens. Les syndicats aussi, sur la dégressivité du chômage. Chacun des partenaires perd des plumes dans les sondages, à commencer par le PS, le propre parti du Premier ministre. Et la N-VA caracole, plus insolente que jamais.

Le Montois plaide. Recadre. Tempère. Ressort les manchettes des journaux du temps de la crise, comme pour tenter de convaincre que ce serait pire sans lui.

Et à présent ? Il refuse de dire que “la Belgique est sauvée” , mais l’estime “sur la bonne voie” . Le vote de la scission de BHV, hier en commission du Sénat, est d’ailleurs à ses yeux “un jour d’une grande importance pour l’histoire de ce pays” après “plus de 50 ans de discussions”.

"J'ai quelques heures de vol et je peux vous dire que jamais aucun gouvernement n'a accompli autant de choses dans des domaines aussi complexes en aussi peu de temps", insiste le Premier ministre. De la maîtrise des déficits publics aux réformes des pensions et du marché du travail, en passant par l'institutionnel, "la Belgique a retrouvé sa crédibilité" et redevient une valeur sûre, assure-t-il.

Lui-même jure qu’il dirige “un gouvernement de la confiance et de l’espoir pour les citoyens” . Une équipe “riche de diversité” . Qui a déjà “réalisé un travail titanesque” . Puis, il implore : “On doit nous juger sur les actes !” avant de s’en prendre “à ce climat général de défaitisme qui est in the air…”.

Elio Di Rupo se dit néanmoins "fâché, agacé", ciblant les "oiseaux de mauvaise augure" qui avec "leurs critiques unilatérales" oublient les conditions dans lesquelles le gouvernement a été formé, après 541 jours de crise et de négociations.

Et se fâche quand on lui parle de la dégressivité des allocations de chômage. "Si on travaille à un plan de relance, vous croyez que c'est par distraction? Il faut créer une dynamique! Qui va créer de l'emploi? Ce n'est quand même pas les autorités publiques, on n'est plus dans les années septante."

Alors, de nouveau, il sort ses dossiers. Se lance dans un (long) monologue égrenant les points de l’accord de gouvernement déjà réalisés, ou en bonne voie de l’être. Esquisse avec une prudence de Sioux les quelques rendez-vous à venir. Et pointe au passage l’état de l’économie, qui selon lui s’améliore.

“On nous prédisait 0,3 % de croissance cette année, ce sera sans doute le double” , se réjouit-il. “On sent les choses bouger. Les taux d’intérêt auxquels nous empruntons sont tombés de 5,8 à 2,8 %. On peut donc se financer à meilleur compte. Cela prouve que la Belgique inspire à nouveau confiance, qu’elle est une valeur sûre. Nous sommes redevenus crédibles, respectés et fiables aux yeux du monde…”

On lui fait remarquer que la N-VA caracole ? Il prend une farde estampillée du nom du parti nationaliste dont il extirpe une feuille blanche et pointe : “Voilà le bilan de la N-VA ! C’est ça !” Puis il assure : “Quand les réformes seront votées et qu’on aura entamé une campagne d’explication, je pense que les choses vont changer…”

Par ailleurs, Elio Di Rupo indique mercredi soutenir la volonté de la ministre de l'Intérieur Joëlle Milquet d'interdire l'organisation extrémiste Sharia4Belgium. "Elle a raison. Il faut être d'une sévérité, d'une rigueur sans faille", ajoute-t-il.

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