Politique belge L’Union francophone se liquéfie dans la périphérie : dans les communes à facilités, elle ne survit qu’à Wezembeek et à Rhode.

Sans nul doute, des listes d’union francophone regroupant des candidats de tous bords et horizons subsisteront dans les communes flamandes sans facilités les plus proches de Bruxelles à l’occasion du scrutin d’octobre. Logique : les francophones y sont vraiment sur la défensive face à des majorités linguistiquement radicales, avec ou sans présence de la N-VA. Abondance de biens pourrait au contraire nuire dans les six communes à facilités. Et à défaut d’y jeter les francophones dans l’opposition, y réduire peu à peu leur importance politique.

Si pour l’ensemble du Rand, on n’a pas encore toutes les données, on considère que l’unité politique francophone a vécu dans quatre communes à facilités.

A Linkebeek, après une première scission intra-francophone en 2012, une partie des élus sortants ne veut plus aller au combat avec le MR Damien Thiéry. A Drogenbos, Ecolo se présentera avec Groen alors qu’à Wemmel, les échevins francophones ont intégré la liste du bourgmestre Walter Vansteenkiste.

Un ancien échevin gênant

La désunion francophone grandit aussi à Kraainem. En effet, à côté de la liste bilingue et internationale Kraainem unie, qui y a déjà quatre élus, une liste bilingue s’y prépare à l’initiative d’un groupe autour de l’actuelle bourgmestre Dorothée Cardon de Lichtbuer (CDH). Le CDH et Ecolo devraient y côtoyer l’Open VLD et le CD&V qui faisaient jusqu’ici partie de l’opposition flamande Open. 

De son côté, Défi présentera une "liste de rassemblement francophone". Le président Olivier Maingain dit prendre acte du choix du CDH de s’allier au CD&V mais précise aussi l’échec de négociations avec les représentants du MR local "car Défi ne peut accepter de faire liste commune avec un candidat MR, Thierry Van de Plas, qui a tenu en son temps des propos négationnistes du génocide juif".

Pour Défi, "la présence de ce candidat est incompatible avec les valeurs défendues par le parti". Précision : ex-échevin CDH, exclu du collège, Thierry Van de Plas, qui avait été accusé par la Ligue belge contre l’antisémitisme, a depuis lors expliqué à moult reprises qu’il n’avait pas émis une opinion personnelle mais repris les propos d’un ancien prisonnier politique qui avait, lui, émis quelques doutes sur l’ampleur de la Shoah. 

En fait, ce débat, pour choquant qu’il puisse paraître, a souvent émergé ces dernières années autour du devoir de mémoire, les derniers rescapés prisonniers politiques estimant à tort ou à raison qu’on les ignorait de plus en plus dans les milieux officiels, l’accent étant de moins en moins mis sur les camps de concentration.

Cela dit, l’union… francophone fera encore la force à Wezembeek, comme l’a annoncé le bourgmestre sortant Frédéric Petit (MR), et à Rhode-Saint-Genèse, où Pierre Rolin (CDH) briguera un nouveau mandat. Il est vrai que la majorité dans la première citée compte 19 élus sur 23, pour 17 sur 25 dans la seconde.