Politique belge

Le gouvernement wallon a approuvé jeudi, au coeur d'une grève des services publics wallons, l'avant-projet de décret réformant la gouvernance au sein de la Société régionale wallonne de Transport (SRWT) et instaurant une procédure pour assurer un service continu en cas de grève, qui constituent les deux plus grosses pierres d'achoppement du dialogue social au Groupe TEC. Avec ce texte, le gouvernement wallon réaffirme sa volonté de mise en place d'une structure juridique unique et de réforme de la gouvernance au sein de l'actuelle société SRWT-TEC.

Actuellement, la SRWT supervise cinq sociétés d'exploitation (TEC Brabant wallon, TEC Charleroi, TEC Hainaut, TEC Liège-Verviers et TEC Namur-Luxembourg). A l'avenir, le conseil d'administration sera réduit à 15 administrateurs et un comité de direction unique sera installé.

Le projet de décret consacre aussi un comité d'audité, le contrôle de la Cour des Comptes et la professionnalisation des administrateurs généraux via l'unicité du mandat. Afin de préserver l'ancrage local, le texte prévoit une répartition géographique des 15 administrateurs (qui seront plus que probablement constitués de sept PS, cinq MR et trois cdH) issus des différentes sociétés d'exploitation actuelles ainsi que l'institution d'organes de consultations par "bassin de mobilité".

Ces bassins de mobilité correspondront dans un premier temps aux cinq sociétés actuelles, mais le gouvernement pourra les définir autrement pour mieux coller aux réalités locales. Les centres des deux plus grandes villes de Wallonie (Liège et Charleroi) devraient ainsi disposer de leur propre bassin de mobilité. D'autres bassins redessineront les lignes des zones rurales, le tout en respectant l'ancrage local des travailleurs, avait expliqué mercredi le ministre de la Mobilité, Carlo Di Antonio.

L'avant-projet de décret instaure également des modalités d'organisation, par bassin de mobilité, des lignes prioritaires sur base de l'effectif disponible en cas de situation de "discontinuité de service" (grèves préavisées).

M. Di Antonio (cdH) avait détaillé au parlement ce mode d'organisation d'un "service continu", que les syndicats voient comme un "service minimum": pour chaque dépôt, un tableau établira les lignes prioritaires (desservant écoles ou hôpitaux) ainsi que le pourcentage minimum d'effectifs permettant de couvrir ces lignes à 100%, de sorte qu'il n'y ait donc pas de demi-service. Les chauffeurs souhaitant travailler pourraient s'inscrire 24 heures avant le début de la grève, de manière à ce que les managers déterminent si la ligne peut être ouverte et en informer les usagers.

"Ce matin, de nombreux chauffeurs ont été empêchés de travailler. Les grévistes mettent à mal autant les utilisateurs que l'image d'un service de transport en commun que l'on veut fiable et performant. Je ne remets nullement en cause le droit de grève, je souhaite simplement que celui de travailler soit respecté", affirme le ministre dans un communiqué.


Une décision prise le 12 décembre concernant le statut des contractuels wallons

Une décision concernant les contractuels des services publics wallons sera prise lors d'une nouvelle entrevue le 12 décembre, a indiqué la délégation syndicale après une rencontre avec le gouvernement wallon, jeudi midi. "Cette nouvelle rencontre n'assure pas que la décision sera favorable mais on saura au moins ce qu'à décidé le gouvernement en place depuis quelques mois", a expliqué Stéphane Jaumonet, secrétaire fédéral à la CGSP.

La nomination des contractuels avait été négociée par les syndicats avec le gouvernement précédent. Ils demandent donc que la décision soit appliquée.

La délégation a appelé les manifestants à revenir à cette date.

Entre 750 et 1.000 personnes ont manifesté dans les rues de Namur, jeudi matin, suivant l'appel du front commun syndical CSC/CGSP. Les syndicats dénoncent "le non respect des accords signés par le gouvernement wallon". Deux dossiers sont particulièrement sensibles: la possibilité de réduction de temps de travail pour les plus de 60 ans et les personnes en travail pénible ainsi que la possibilité pour des contractuels de devenir statutaires.