Politique belge

Deux candidates N-VA de la liste de Bart De Wever pour les élections communales à Anvers ont été épinglées vendredi par le quotidien De Morgen pour avoir fait des discours dans un cercle d'affaires de la communauté turque - Misiad - qui a des liens avec l'association controversée Milli Görus ainsi qu'avec l'organisation ultra des Loups Gris. 

Ces candidates sont Annick De Ridder, qui figure à la 2e place de la liste de M. De Wever, et Sevilay Altintas, dixième sur cette liste.

Le président de Misiad, Ethem Kislali, était jusqu'il y a peu directeur général de Milli Görus, association qui gère l'école islamique de Genk, vivement critiquée ces derniers temps par la secrétaire d'État N-VA à l'Égalité des chances Zuhal Demir. Quant au directeur général de Misiad en Turquie, il est un ancien responsable politique du parti d'extrême droite MHP, dont les Loups Gris sont présentés comme la branche paramilitaire.

Ces affinités sont embarrassantes pour la N-VA, qui avait dénoncé dernièrement dans une vidéo la proximité alléguée de candidats d'autres partis avec les Loups Gris.

La N-VA a tenté de s'en défendre vendredi. Mme Altintas aurait pris l'initiative d'organiser les lectures controversées chez Misiad pour répondre aux personnes issues de la communauté turque qui l'interpellaient régulièrement sur les raisons de son engagement à la N-VA. "Elle était harcelée depuis quelque temps par certaines personnes de la communauté turque et elle voulait expliquer ses raisons", a affirmé le porte-parole de la N-VA, Joachim Pohlmann.

A ses yeux, l'article du Morgen montre la pression exercée depuis la Turquie sur la communauté turque de Belgique, et combien cette dernière peut être infiltrée par des figures extrémistes. "Dans pour ainsi dire toute organisation turque, on retrouve des figures préoccupantes", selon le porte-parole. Il ajoute qu'une lecture présentant les priorités de la N-VA ne peut être assimilée au comportement de candidats qui seraient eux-mêmes impliqués dans de telles organisations et participeraient à leur propagande. A cet égard, l'article du Morgen serait "tendancieux", selon Joachim Pohlmann.