Politique belge

Une fois n’est pas coutume, commençons par nous pencher sur les résultats des partis néerlandophones de Bruxelles. Dedicated a interrogé son panel, quinze jours après que la N-VA ait exposé ses visions institutionnelle et socio-économique. On ne va pas parler de surprise, mais il semble que le sort que son projet confédéral réserve à Bruxelles (la cogestion par les deux autres régions) effraye une bonne partie des électeurs tentés par l’expérience nationaliste. Avec 1,7 % d’intentions de vote parmi les 652 répondants (sur 912) qui ont exprimé une préférence, la N-VA repasse, en effet, juste en dessous de son score électoral de 2010. La chute (-1,2) est la plus spectaculaire enregistrée par le parti de Bart De Wever des cinq baromètres effectués depuis lors.

Voilà qui devrait rassurer - au moins momentanément - ceux qui craignaient que le poids de la N-VA ne la rende indispensable à une majorité néerlandophone et paralyse ainsi le fonctionnement de l’institution régionale après le 25 mai 2014. Ce recul profite naturellement aux autres partis flamands, à l’exception notoire du CD&V. L’Open VLD reprend de belles couleurs : en gagnant 0,6 point, il passe au-dessus de son score de 2010. Tout comme le SP.A et Groen.

Côté francophone, le MR reste devant le Parti socialiste, les deux grosses formations stabilisant leur position en haut de classement. Mais en dessous, cela bouge. Beaucoup même. Ainsi, le CDH opère une remontée spectaculaire qui lui fait reprendre pied sur la troisième place du podium. Le FDF se porte également à merveille avec une nouvelle remontée qui lui permet d’afficher son meilleur score depuis l’éclatement de la fédération MR-FDF et de viser la barre des 12 %. Ce coup de sonde préhivernal n’est, par contre, pas bon pour Ecolo qui perd plus de 1 % et prend la place peu enviable de cinquième parti bruxellois, occupée par le CDH dans notre baromètre de septembre.

On notera aussi le tassement du Parti Populaire de Mischaël Modrikamen, sans doute au profit de l’autre formation de droite "décomplexée" La Droite, qui monte à 1,5 %. A gauche, le PTB boit la tasse en perdant pratiquement 1 % d’intentions de vote.

Selon les calculs de Dedicated, la répartition en sièges de ces résultats n’est pas favorable à la coalition Olivier, qui perd 8 sièges, surtout à cause de la chute d’Ecolo. Et une coalition PS-MR donnerait une majorité trop courte, confirmant l’ouverture du jeu bruxellois.