La N-VA formule à nouveau son échéance d'avril

Belga Publié le - Mis à jour le

Politique belge

La N-VA a une nouvelle fois formulé jeudi l'échéance du mois d'avril comme "deadline factuel" à sa participation à un gouvernement fédéral, arguant des échéances imposées par l'Europe et de l'insuffisance des avancées francophones, et du PS en particulier.

"Soit nous nous dirigeons dans les prochains jours vers un double accord, avec une grande réforme de l'État et une grande réforme socio-économique, soit les autres feront un gouvernement sans nous", a déclaré le ministre flamand Geert Bourgeois (N-VA) dans un entretien au Standaard.

M. Bourgeois réfute l'idée selon laquelle la N-VA demande toujours plus et ne veut, en fait, pas d'un d'accord. Il s'en prend à l'attitude des socialistes francophones qui, selon lui, livrent une guerre d'usure et se montrent passifs. "Nous devons toujours attendre le PS. Nous avons tout essayé ces derniers mois mais nous n'avons pas reçu une seule fois une offre sérieuse du PS", a-t-il affirmé.

Le PS s'est engagé en faveur de transferts de compétences d'un montant de 15 milliards d'euros, d'une solution pour Bruxelles-Hal-Vilvorde et d'une adaptation de la loi de financement mais, aux yeux de M. Bourgeois, ce n'est pas ce que la Flandre entend par la "révolution copernicienne" qui ferait glisser le centre de gravité du fédéral vers les entités fédérées. Il manque la responsabilisation de ces entités, estime-t-il.

Le budget pluriannuel que la Belgique doit présenter en avril aux instances européennes constitue un "deadline factuel", a ajouté Geert Bourgeois sur les ondes de Radio 1 (VRT), confirmant ainsi les propos tenus début mars par le chef de groupe N-VA à la Chambre Jan Jambon.

"Un gouvernement en affaires courantes sans soutien démocratique suffisant, ce n'est pas faisable. C'est un exercice sans engagement", estime-t-il. M. Bourgeois refuse que l'on interprète cette séquence politique comme une volonté de son parti de quitter la table des négociations.

"C'est aux autres partis de décider s'ils sont d'accord avec une petite réforme de l'État ou un scénario comme en 2007", lorsque, après la tentative de former un gouvernement orange-bleu, les discussions institutionnelles avaient été reportées au-delà de la formation d'un gouvernement.

On ne peut accepter cela, "ne fût-ce que par savoir-vivre démocratique", juge Geert Bourgeois. Il rappelle que le gouvernement actuel dispose du soutien d'à peine 30 députés néerlandophones sur 88. Dans ce décompte, les 13 députés Open Vld ne devraient même pas être comptabilisés vu que les libéraux flamands ont fait chuter le gouvernement l'an dernier, fait-il remarquer.

Mais tout cela ne signifie pas encore que la N-VA tire un trait sur les négociations, assure Geert Bourgeois. "Dans la dynamique de la négociation, tout peut aller très vite", estime-t-il. Un accord est possible, d'après lui, s'il reprend au moins les grandes lignes de l'accord Octopus du gouvernement flamand.

Interrogé sur ces propos, le PS n'a pas encore réagi. De son côté, le député bruxellois Didier Gosuin (MR-FDF) a relativisé la menace de la N-VA. "C'est la deuxième ou la troisième fois que la N-VA agite ainsi des menaces, mais le véritable problème, c'est qu'on ne voit toujours pas clair dans son jeu", a-t-il commenté sur Twizz radio.

M. Gosuin voit cette menace de la N-VA comme de la "duperie". "Ce qu'on veut, c'est un gouvernement belge. On ne veut pas un gouvernement qui prépare la fin de la Belgique", a-t-il commenté.

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