La N-VA perd du poids, le PS en petite forme

Francis Van de Woestyne Publié le - Mis à jour le

Politique belge

Coup de tonnerre dans le ciel flamand et wallon. Le baromètre réalisé par l'Institut "Dedicated" pour La Libre Belgique et la RTBF réserve quelques surprises.

Au Nord du pays, la N-VA, pointée à 39% en février dernier, connaît une véritable dégringolade: la voici à 32,8 % des intentions de vote en Flandre, soit moins 6,2% en trois mois. La perte est sévère. Et c'est... le Belang, parti d'extrême droite, qui recueille les fruits de ce recul alors que cette formation avait connu plusieurs ressacs successifs. Le Belang reprend un peu du poil de la bête (plus 4,6%) mais il demeure toutefois à la cinquième place avec 12,9% des intentions de vote.

Si la N-VA connaît cette perte importante, elle demeure le premier parti de Flandre en intentions de vote. Avec 32,8%, les nationalistes flamands sont encore très très loin devant le deuxième parti classé, le CD&V qui lui obtient 15,9%. Certes, c'est un gain de 1,8%, mais les démocrates chrétiens, autrefois en cartel avec la N-VA, constituent désormais une force deux fois moins importante que la N-VA.

Les socialistes flamands, malgré les interventions dynamiques et répétées du vice-Premier ministre Johan Vande lanotte et son action énergique en faveur des consommateurs, observent un recul de 0,8%: il repassent de la deuxième à la troisième place.

Les libéraux flamands connaissent des résultats en dents de scie: de 13,7% aux élections fédérales de juin 2010, ils étaient retombés à 11,6% en septembre 2012 et même à 9,6% en novembre 2012. Après une étape à 10%, ils remontent à présent à 12,9 % et reprennent sans doute une partie des pertes de la N-VA. Ils sont emmenés par la nouvelle idole libérale flamande, Maggie De Block, secrétaire d'Etat à l'Immigration.

Mauvais résultat en revanche pour Groen ! (6,5%, en recul de 2,2%).

Au Sud du pays, ce sont les socialistes wallons qui éprouvent de sérieuses difficultés. Certes, le PS demeure le premier parti wallon, mais la formation passe sous la barre très symbolique des 30%. Depuis la Libération, ce n'est arrivé qu'à deux reprises et très récemment: aux élections de 1999 (29,1%) et lors du scrutin de 2007 (20,4%). Et ce qui est assez remarquable, c'est la distance entre le PS et le deuxième parti: lors des élections de 2010, cet écart était de 15,4 % (PS, 36,6 et MR 22,2). Aujourd'hui, la distance entre les deux partis n'est plus que de 4,6% (28,6% pour le PS et 24% pour le MR). Toutefois, ce ne sont pas les libéraux qui profitent le plus de la chute du PS: ce sont les écologistes qui remontent de 1,8%, à 14,7%. On pourra trouver cela surprenant car les ministres verts ont éprouvé pas mal de difficulté à gérer leurs dossiers (le photovoltaïque en région wallonne, le 4 G à Bruxelles). Peut-être y a-t-il un effet "Calimero": plus on critique un parti et plus il y a un mouvement de protection de la part des électeurs qui, à d'autres moments, vont voir ailleurs.

Le président du PS, Paul Magnette, éprouve donc des difficultés à convaincre un électorat volatile. Son discours "barre à gauche" ne parvient pas à endiguer l'érosion que subit le parti, ni en Wallonie, ni même à Bruxelles où le PS est également en souffrance (moins 1,4%): les socialistes occupent la deuxième place du classement dans la capitale (19,9%) derrière les libéraux (21,9%) en recul eux aussi (moins 0,9%). Ce sont aussi les écologistes bruxellois (12,4%, soit plus 1,8%) qui recueillent les fruits de ressac socialiste.

Côté cdH, les résultats sont en demi-teinte: le parti humaniste progresse de 0,6% en Wallonie ((4e à 12,9%), à Bruxelles, le cdH est à la cinquième place (9,8%, soit moins 1,6%), derrière le FDF (11,4%, plus 0,4%).

Tous les résultats, toutes les analyses sont à lire dans "La Libre" de ce samedi.

Ce sondage a été effectué par Internet du mercredi 15 mai au lundi 20 mai 2013 sur un échantillon représentatif de 2703 électeurs belges. Marge d'erreur maximale: 1,9% sur l'échantillon total.

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