Politique belge

Marie-Christine Marghem, députée MR, 2e sur la liste de son parti à la Chambre, dans le Hainaut, s’est beaucoup occupée de sujets liés à la Justice lors de la précédente législature. A un petit mois des élections, elle s’en prend au programme de la N-VA en la matière.

Que reprochez-vous au programme du parti de M. De Wever ?

Il essaie de justifier son projet de confier la gestion de la Justice aux Communautés en faisant croire que le fédéral n’a pas avancé pendant la législature parce que les francophones l’en auraient empêché.

Il tente de faire croire à l’opinion flamande que les problèmes de la Justice viendraient d’une certaine culture wallonne, qui freinerait les réformes nécessaires, la répression correcte des infractions, la bonne exécution des peines, etc.

Un exemple : l’évaluation de la charge du travail des magistrats a fait l’objet de deux projets pilote, l’un mené à Anvers, l’autre à Mons. M. De Wever laisse croire que si les magistrats montois se sont retirés du dispositif, c’est parce qu’ils n’ont pas envie que les choses changent et de travailler davantage alors que leur opposition portait sur une question de méthodologie.

Un autre exemple : s’il y a plus de radars en Flandre, c’est parce qu’en matière de sécurité routière, les Flamands seraient plus "responsables" que les Wallons et qu’il est temps que l’argent récolté n’aille plus dans les caisses fédérales, dit la N-VA. Or, on sait bien que la question a aussi à voir avec la géographie et on sait aussi que la Région wallonne installe de plus en plus de radars. C’est de l’intoxe.

La N-VA réclame aussi la création d’un grand tribunal d’arrondissement.

C’est une vieille chaussette. Cela faisait partie des négociations de 2010 dont la N-VA s’est elle-même exclue. Depuis, la majorité a mis en place une réforme du paysage judiciaire qui, à mes yeux, répond aux objectifs principaux d’une bonne administration de la justice. Le combat de la N-VA est d’arrière-garde.

Le parti nationaliste vous reproche de n’avoir pas réglé la question de la surpopulation carcérale.

Il oublie le Masterplan 3 qui prévoit la construction de nouvelles prisons, il ne tient pas compte du fait que la surveillance électronique est devenue une peine autonome et que la probation est désormais un moyen alternatif à l’exécution des peines, etc.

La N-VA demande que la libération conditionnelle devienne une faveur et non un droit et qu’elle ne puisse plus être accordée qu’aux trois cinquièmes de la peine voire aux trois quarts en cas de récidive.

C’est de la surenchère La N-VA oublie que, grâce au MR mais aussi aux partis flamands et aux partis de gauche, la libération conditionnelle doit désormais être demandée et que pour les condamnés à des peines très lourdes elle ne peut plus être envisagée qu’après qu’ils ont purgé deux tiers de leur peine (NDLR : ce durcissement a été reproché à la majorité par de nombreux acteurs du monde judiciaire). Prétendre que nous n’avons pas pris nos responsabilités est donc faux.

Quand la N-VA dit que les peines doivent être exécutées et que le droit de grâce est une façon d’empêcher qu’elles le soient…

C’est une attaque contre les institutions faîtières, une attaque contre la monarchie alors que la grâce n’est plus une affaire confiée au Roi.