Politique belge

En trois jours, trois personnalités ou partis politiques se sont élevés contre la réforme de la protection civile décidée par le gouvernement Michel et le ministre de l’Intérieur, Jan Jambon (N-VA). Une réforme censée entrer en vigueur en janvier 2019.

Tout profit pour la Flandre

Jeudi, à la RTBF, André Flahaut (PS), ministre du Budget de la Fédération Wallonie-Bruxelles, après avoir été ministre fédéral de la Fonction publique, chargé de la protection civile de 1995 à 1999, a regretté le "démantèlement" de l’institution, "tout profit pour le privé et la Flandre". M. Flahaut a regretté que le gouvernement wallon ne s’associe pas à la démarche de la Région bruxelloise.

Pour rappel, la secrétaire d’Etat bruxelloise chargée du Service de l’Incendie et de l’Aide médicale urgente (Siamu), Cécile Jodogne (Défi), a annoncé mardi que Bruxelles va déclencher, d’ici la réunion du comité de concertation prévue le 6 septembre, une procédure en conflit d’intérêts. De quoi suspendre de facto la procédure législative pendant 60 jours.

Mme Jodogne réagissait à la décision du conseil des ministres, vendredi, d’adopter deux arrêtés royaux qui concrétisent le maintien à Crisnée et à Brasschaat de deux unités de la protection civile et la suppression des quatre autres implantations actuelles (Jabbeke, Liedekerke, Ghlin et Libramont). Et qui règlent la répartition des missions entre ces unités et les zones de secours. De son côté, le groupe Ecolo/Groen de la Chambre a demandé une réunion d’urgence de la commission de l’Intérieur pour entendre le ministre Jambon.

Selon Mme Jodogne, la réforme va augmenter sensiblement le délai d’intervention en cas d’incident ou d’attentat impliquant des agents chimiques, biologiques, radiologiques, nucléaires et explosifs. Pour Ecolo-Groen, le projet Jambon va léser la Région de Bruxelles-Capitale et ses habitants.

Deuxième ligne

Dès 2019, en effet, la région bruxelloise dépendra de la caserne de Brasschaat - dont Jan Jambon est le bourgmestre - et non plus de celle de Liedekerke, plus proche.

Pour Jan Jambon, ce n’est pas un problème. La philosophie de sa réforme est de réserver à la protection civile un rôle de deuxième ligne, derrière les services de secours classiques.

Le choix de Brasschaat et de Crisnée résulterait de l’analyse conjuguée du nombre d’opérations menées au départ de ces postes, du coût de leur réaménagement pour accueillir du personnel supplémentaire et d’une analyse de risque. Les missions spécifiques exercées par les autres centres seront exercées par les zones de pompiers de Flandre Occidentale et du Hainaut, qui récupéreront des effectifs et du matériel de la protection civile, a précisé le ministre.

Toujours est-il que la réduction des effectifs devrait atteindre 30 %, ce qui inquiète les syndicats. De son côté, la commune de Liedekerke a décidé d’attaquer la décision, "prise à la légère", du ministre de l’Intérieur de fermer la caserne située sur son territoire. Et ce n’est là qu’un exemple de résistance parmi d’autres.