Politique belge

La Régie des bâtiments conteste jeudi les chiffres de surface non affectée dans les bâtiments publics fédéraux pris en location. Le consultant Deloitte a fourni un audit peu glorieux pour la Régie des bâtiments et épinglé sa gestion structurelle et des ressources humaines, selon un article paru mercredi dans Le Soir. Début 2019, l'organisme parastatal deviendra une société anonyme de droit public. La Régie des bâtiments, qui gère 7,5 millions de m2 de bâtiments fédéraux et emploie 810 équivalents temps plein, avait déjà été critiquée par la Cour des comptes en 2017, notamment sur sa comptabilité.

Deloitte, lui, pointe la gestion structurelle et des ressources humaines. Sur 7,5 millions de m2 gérés, seul 1,2 million est en réalité "monitoré" (mesurer les bâtiments et relever leur niveau d'occupation) par les équipes de l'institution, selon le rapport. Deloitte pointe également des locations non optimisées, une négociation des baux fragmentée et un manque criant d'outils informatiques performants. Soit une gestion du portefeuille qui doit opérer "un changement de cap fondamental", avec à la clé "un potentiel d'économies important".

Le rapport dresse plusieurs mesures à prendre, notamment le passage de statut en société anonyme à opérer début 2019.

Se séparer de certains bâtiments serait ainsi plus facile, pointe l'opposition. Deloitte chiffre d'ailleurs une diminution du portefeuille de 1,1 million de m2 à opérer d'ici 2025.

Dans une réaction, la Régie des bâtiments conteste les chiffres avancés par Deloitte quant aux surfaces non affectées dans des bâtiments publics fédéraux pris en location. L'organisme précise ainsi gérer environ 1.050 complexes, qui représentent à peu près 7,1 millions de m2, dont 307 sont loués. Il s'agit principalement de bâtiments de bureaux dans lesquels des services publics fédéraux sont hébergés et qui équivalent à 2,7 millions de m2.

Parmi ces bâtiments loués, moins de 2% sont actuellement non affectés, affirme la Régie, selon laquelle il est question de quelque 49.000 m2. "Dans le secteur immobilier, ce pourcentage de surface de bureaux temporairement non affecté est courant", commente-t-elle.

L'organisme ajoute que des travaux d'adaptation et/ou de réaménagement sont exécutés dans 9% des bâtiments loués (234.000 m2) et que certains services publics centralisent leurs services, ce qui fait que des surfaces de bureaux se libèrent.

Dans un tel cas, la Régie des Bâtiments cherche activement un nouvel occupant pour les surfaces libérées, qu'il faudra, dans la plupart des cas, adapter ou réaménager, dit-elle encore.