Politique belge

Dans la Métropole, on ne parle plus que de ça, depuis que "Knack" a dévoilé, jeudi, la relation amoureuse – ancienne – entre l’actuelle ministre flamande N-VA Liesbeth Homans et le leader du SP.A anversois, Tom Meeuws.

L’idylle aurait commencé en 2013 lorsque Liesbeth Homans était encore présidente du CPAS et Tom Meeuws, l’un des hauts fonctionnaires de la ville portuaire. Elle se serait terminée en 2015 après que la première ait été nommée ministre et le second, directeur de De Lijn Anvers.

Elle était un secret de polichinelle pour les Anversois bien au fait de la vie politique locale. Et le serait sans doute resté si "Knack" n’avait pas recueilli les confidences – anonymes – d’un haut responsable de la N-VA affirmant que cette liaison expliquerait l’animosité particulière des nationalistes à l’encontre du socialiste. Il s’agirait, en somme, de laver l’honneur bafoué de Liesbeth Homans, manifestement éconduite dans cette affaire de cœur au plus haut niveau.

Une suite de révélations embarrassantes

Il faut bien dire que depuis qu’il a pris la tête de la section anversoise du SP.A en 2016, Tom Meeuws a fait l’objet de nombreuses attaques. Il y a deux ans, la presse a fait état de son intervention, comme consultant, dans le projet de mettre sur pied un abattoir mobile dans lequel des abattages sans étourdissement pourraient avoir lieu lors de la fête du sacrifice. Il a bien évidemment été accusé de vouloir attirer à bon compte les voix de la communauté musulmane. Plus tard, à la fin de l’année 2017 et alors qu’il s’attaquait aux liaisons curieuses entre la majorité communale et la société immobilière Land invest group, une fuite a indiqué que Tom Meeuws a lui-même été en contact avec l’entreprise comme consultant et a mangé avec l’un de ses promoteurs. Puis, début janvier, c’est la rupture de son contrat avec De Lijn qui a été révélé au grand jour. Plusieurs médias ont évoqué des manigances financières qui auraient abouti à sa mise à l’écart. Une enquête judiciaire vient d’ailleurs d’être ouverte pour falsification de facture.

La presse attaquée

L’article du “Knack” a fait hurler le bourgmestre d’Anvers, Bart De Wever (N-VA). Ce dernier a nié que la relation amoureuse de celle avec qui il est proche ait eu une quelconque influence sur la stratégie de son parti et que la campagne électorale puisse devenir un instrument de vengeance personnelle. Avec d’autres, il a aussi regretté que les conséquences que ce genre d’informations peut avoir sur la vie privée des personnes concernées n’aient pas été prises en compte par l’hebdomadaire. “Knack s’est mis au niveau de la presse de caniveau et j’en tiendrai compte”, a-t-il lâché dimanche sur la VRT.

La charge fut si lourde que le rédacteur en chef du magazine a été obligé de défendre ses journalistes. "Nous avons choisi de révéler la relation extraconjugale […], car cette information permet de comprendre la véhémence de la bataille électorale à Anvers”, écrit Bert Bultinck sur le site de "Knack",

On ne sait si, réellement, cette liaison a eu une influence sur la stratégie électorale de la N-VA. Ce qui est sûr en revanche, c’est qu’elle va singulièrement épicer une campagne qui ne manquait déjà pas de piquant.