Politique belge

Le secrétaire d'Etat au Commerce extérieur, Pieter De Crem, s'est montré critique envers la coalition fédérale et son propre parti, le CD&V, lors d'un débat tenu devant un public restreint à Anvers, révèle vendredi le site nationaliste flamand Doorbraak.be. M. De Crem a déploré, lors d'une réunion du centre de réflexion Libera à une date non-mentionnée, que la durée de la législature ait été portée de quatre à cinq ans, ce qui, selon lui, "use" la coalition gouvernementale et provoque une "fatigue du métal" à l'approche des élections communales du 14 octobre prochain. Il a également qualifié la coalition suédoise de "piège", selon Doorbraak.

Le secrétaire d'État a par ailleurs dit craindre que l'accent mis sur la bataille électorale à Anvers (qui opposera notamment le président de la N-VA et bourgmestre sortant Bart De Wever au vice-premier ministre CD&V Kris Peeters), nuise au "bon travail de nombreux administrateurs locaux".

Dans son analyse, M. De Crem n'épargne pas non plus son propre parti.

Selon lui, le CD&V n'a atteint aucun des cinq objectifs qu'il s'était fixés, à savoir prendre la tête des gouvernements fédéral ou flamand, ne payer aucun prix pour l'obtention du poste de commissaire européen (qui est allé à Marianne Thyssen), ne pas intégrer l'Open Vld au sein du gouvernement flamand, diriger des départements "proches des gens" et en aucun cas la Justice.

Selon Doorbraak, M. De Crem estime aussi que le CD&V s'est profilé, lors des neuf premiers mois qui ont suivi l'investiture du gouvernement fédéral, "comme un parti d'opposition et a donc créé l'image d'un parti de gauche, avec un discours qui a déplu à sa large base électorale composée d'entrepreneurs, d'indépendants et de familles".

L'ancien ministre de la Défense et vice-Premier ministre aurait également dit craindre que son parti, le sp.a et l'Open Vld reculent lors des communales "parce que nous ne donnons pas les réponses que les gens attendent", selon Doorbraak.

Interrogé par l'agence Belga, M. De Crem a déploré que les règles de Chatham House, qui interdisent de citer l'orateur, selon lesquelles il s'exprimait lors de ce débat aient été "largement interprétées".