Politique belge

Dans le cadre de la demande de levée d’immunité parlementaire de Laurent Louis, la Commission des poursuites de la Chambre se réunira le 5 décembre prochain pour statuer sur la question. Cette réunion ne risque néanmoins pas de s’éterniser tout comme le vote qui s’ensuivra en séance plénière. Nos confrères de La Dernière Heure ont en effet appris via son avocat que le député indépendant avait décidé d’exiger lui-même la levée de son immunité parlementaire.

"Nous refusons de nous abriter derrière son immunité parlementaire parce que Laurent Louis a toujours dénoncé les privilèges d’une caste et qu’il ne s’en servira donc pas pour se défendre", résume Me Sébastien Courtoy, ténor du barreau de Bruxelles."Mon client estime qu’il n’a rien à cacher et il n’a donc pas envie de donner l’impression d’esquiver son procès. Il joue franc jeu et demandera, même si notre Constitution ne le prévoit pas, la levée de son immunité."

Poursuivi pour recel d’éléments du dossier Dutroux, révélation d’identités de mineurs victimes d’abus sexuels, diffusion d’une liste de prétendus pédophiles, calomnie à l’égard d’un journaliste du Soir présenté comme le "protecteur des pédophiles" mais encore pour outrage à l’encontre du Premier ministre Elio Di Rupo qu’il a traité et retraité publiquement de "pédophile" , le député indépendant (ex-Parti populaire) estime quant à lui n’avoir "rien à - se - reprocher". Et pour cause… "Les faits qu’on me reproche sont d’un ridicule pas possible et ont été gonflés pour détourner l’opinion publique du message que j’ai à révéler."

"Une fois qu’on sera devant la justice ordinaire, on aura recours à toutes les chausse-trappes procédurales possibles. On va plaider l’irrecevabilité des poursuites et l’incompétence du tribunal correctionnel pour un certain nombre de préventions. Ce qui est sûr, c’est que l’on peut s’attendre à une bataille serrée et que l’on ne cédera rien", prévient Me Sébastien Courtoy.

Et de préciser : "Les vices de procédure, ce n’est pas par définition malhonnête de les plaider. Il s’agit de vérifier si les droits de Laurent Louis ont été respectés pendant la procédure, si techniquement tous les actes requis ont bien été commis, etc."

Laurent Louis tentera au passage de se prévaloir de la loi sur la protection des sources journalistiques pour éviter les poursuites pour recel. "Tout le monde sait bien qu’il n’est pas journaliste mais être journaliste n’implique pas d’avoir une carte de presse. En écrivant sur un blog ou sur Facebook, on peut exercer une activité journalistique et cela suffit pour être considéré comme un journaliste au sens de la loi", explique son avocat .

Sachez encore que le député tentera d’invoquer le délit de presse en ce qui concerne les poursuites pour calomnie à l’égard du journaliste. Résultat espéré ? Que le tribunal correctionnel se déclare incompétent et le renvoie devant la cour d’assises. Or, tout le monde sait que la cour d’assises ne se réunit plus pour un tel délit depuis belle lurette…