Politique belge

Le député indépendant Laurent Louis, dont le seul bilan est marqué par le nombre d'incidents qu'il a créés depuis le début de la législature, a insulté jeudi publiquement à la tribune le Premier ministre Elio Di Rupo le qualifiant de "pédophile", une sortie qui a entraîné le départ de l'hémicycle de la quasi-totalité des députés et la suspension des travaux par le président de la Chambre André Flahaut.

Alors qu'on s'attendait à ce que le député crée un nouvel incident en fin de législature, de manière à alimenter les réseaux sociaux, il s'en est pris au chef de gouvernement en réplique à une question dans laquelle il interrogeait M. Di Rupo sur le coût et l'opportunité de la visite à Bruxelles du président américain Barack Obama.

"Merci monsieur le pédophile, monsieur le premier ministre", a répliqué M. Louis pas satisfait par la réponse du chef du gouvernement, une déclaration accueillie par des huées et la sortie des députés de l'assemblée.

A l'issue d'une courte interruption, le président de la Chambre André Flahaut a rappelé à l'ordre le député indépendant, lui faisant savoir que, sorti de son rôle, il n'aurait plus droit à la parole jeudi après-midi. Laurent Louis a alors quitté l'hémicycle.

En réponse à la question suivante qui lui a été posée à l'occasion du traditionnel échange sur l'actualité, M. Di Rupo a tenu à "saluer tous les collègues pour le geste pris par l'assemblée afin qu'elle puisse garder sa dignité".

Dans le cadre de la campagne qu'il mène en vue des élections du 25 mai, le député Laurent Louis tente notamment de profiter du climat anti-système et homophobe qui agite ces derniers mois une partie de la société française et qui a connu son paroxysme avec la ré-émergence du Front National au premier tour des élections municipales dimanche dernier.

Homosexuel, le Premier ministre Elio Di Rupo constitue une cible facile pour les courants qui font écho au discours classique de la droite extrême homophobe.

Au Sénat, Benoît Hellings (Ecolo), a décidé de retirer une question posée au Premier ministre sur la même visite de Barack Obama, en réaction à l'incident à la Chambre.