Politique belge Un montant supplémentaire de 460 millions d’euros pourrait venir alourdir le déficit actuel de 300 millions d’euros.

Le gouvernement wallon a bouclé son ajustement budgétaire 2017 avec bonheur, vendredi un peu avant minuit. Il devait trouver un peu plus de 30 millions d’euros pour respecter le déficit annoncé de 300 millions d’euros, dans le cadre du pacte de stabilité. "Ce déficit s’explique principalement par l’évolution des paramètres macroéconomiques comme le saut d’index ou encore l’inflation", expliquait-on au cabinet du ministre-Président Paul Magnette (PS), vendredi soir. Les 30 millions d’euros ont été trouvés et le gouvernement a également dégagé 10 millions de plus pour le secteur non-marchand, pour l’année 2017. Il annonçait par la même occasion un montant de 20 millions d’euros en 2019 et 30 millions d’euros en 2020 - qui deviendront récurrents les années suivantes - en faveur de ce secteur (privé et public : hôpitaux, maisons de repos, institutions d’hébergement de personnes handicapées, aides et soins à domicile, entreprises de travail adapté…).

Le gouvernement sollicitera dans les prochaines semaines les interlocuteurs du secteur non-marchand pour qu’ils lui proposent les affectations de ces enveloppes.

En attendant la réforme fiscale

Si le budget 2017 aura pu être corrigé sans réel problème, il n’est pas certain que le prochain exercice budgétaire (pour l’année 2018) soit aussi simple. Si le déficit de 300 millions doit encore être réduit pour retrouver l’équilibre dans les années qui viennent, ce dernier pourrait cependant s’alourdir. C’est du moins ce que craint le secrétaire national de la CSC, Marc Becker. En marge d’une interview donnée à "La Libre" en fin de semaine dernière ("La Libre" du vendredi 12 mai 2017), le responsable syndical s’inquiétait d’une explosion de ce déficit. "Depuis la mise en place de la loi spéciale de financement lors de la réforme de l’Etat de 2011, il y avait une garantie d’un minimum d’IPP (NdlR : impôt des personnes physiques) versé à la Wallonie chaque année. Cette garantie va disparaître en 2018 provoquant un déficit supplémentaire de 460 millions d’euros".

Marc Becker se demandait également comment le gouvernement wallon allait pouvoir mener à bien de nouveaux grands investissements avec un déficit qui se creuse encore. "Actuellement, les investissements ne sont jamais que des moyens dégagés pour boucher les trous et assurer les financements européens Feder. Donc je suis inquiet pour l’avenir puisque les choses ne vont pas s’arranger".

Le syndicaliste comme de nombreux observateurs attend donc avec impatience la réforme fiscale annoncée par le gouvernement wallon et son ministre du Budget, Christophe Lacroix (PS) qui nous assure-t-on, y travaille d’arrache-pied. Permettra-t-elle de répondre partiellement au problème de déficit en Wallonie ? Pas certain étant donné que l’on annonce déjà la suppression de la télé-redevance - qui précisons-le est en Wallonie aussi mystérieuse que le monstre du Loch Ness. Un manque à gagner qu’il faudra aussi combler pour l’argentier wallon.