Politique belge

L’accord de l’été a déchaîné l’opposition ce mercredi à la Chambre, au lendemain de sa présentation par le gouvernement. 

Les accusations ont volé, entre "l’appauvrissement des plus fragiles" et les "mensonges". Le Premier ministre Charles Michel (MR) a présenté à la commission des Finances une synthèse des mesures décidées par son gouvernement. Parmi elles, le "jobs deal". Ce plan vise à résoudre le problème des métiers en pénurie. Le plan comporte 28 points, dont un cristallise les passions : l’augmentation durant six mois des allocations de chômage avant l’accélération de leur dégressivité vers un montant forfaitaire. "Vous accélérez le moment où les gens arrivent à l’allocation minimum, un peu au-dessus du seuil de pauvreté", a accusé Ahmed Laaouej (PS). Benoît Dispa (CDH) évoque même un discours qui "flirte un peu avec des idées nauséabondes" selon lesquelles le chômeur est responsable de ce qui lui arrive et qu’il faut le sanctionner pour qu’il trouve un travail. "C’est une mesure idéologique", a affirmé Gilles Vanden Burre (Ecolo).

Kris Peeters: "Soit vous êtes amnésique, soit vous êtes de mauvaise foi"

Du côté de l’opposition flamande, mêmes critiques. La cheffe de groupe SP.A, Meryame Kitir, a haussé le ton et s’en est prise au CD&V, accusé d’avoir accepté la dégressivité en échange de l’accord sur l’indemnisation des coopérateurs d’Arco. "Soit vous êtes amnésique, soit vous êtes de mauvaise foi", a répliqué Kris Peeters, vice-Premier ministre CD&V et ministre de l’Emploi. Le gouvernement précédent, en effet, a déjà accru la dégressivité des allocations sous la houlette d’une ministre de l’Emploi… SP.A. Le ministre a appelé chacun à attendre ses propositions précises avant "d’effrayer les gens" en leur annonçant qu’ils vont tomber sous le seuil de pauvreté, "ce qui ne sera pas le cas". Le Premier ministre n’a pas mâché ses mots non plus. "L’arrogance ne suffit pas pour transformer des mensonges en vérité", a-t-il lancé.