Politique belge

Le cdH souhaite que l'Etat demeure actionnaire à 100% de Belfius. Le député Benoît Dispa a déposé une proposition de résolution confirmant cet ancrage public, bien plus rentable, selon ses calculs, pour les finances publiques que la privatisation partielle que prépare le gouvernement fédéral. En 2011, pour éviter la déconfiture de nombreux épargnants, l'Etat a racheté Dexia Banque alors que le groupe bancaire franco-belge faisait naufrage. Il en a fait Belfius qui a retrouvé aujourd'hui le chemin de la rentabilité. Dans le cadre d'une "gestion dynamique" des participations de l'Etat et pour contribuer au désendettement de la Belgique, l'équipe Michel a prévu de vendre une partie de la banque -en principe 30%.

L'introduction en bourse se fait attendre. Le dossier est lié à l'indemnisation des coopérateurs d'Arco, une exigence du CD&V qui semble difficile à concilier avec les règles européennes et qui n'enthousiasme guère les autres partenaires de la coalition. Le CD&V en fait une condition. Récemment, le vice-premier ministre MR, Didier Reynders, a au contraire jugé qu'il fallait lancer l'opération indépendamment d'Arco.

Dans l'opposition, PS, écologistes et cdH veulent maintenir la banque dans le giron public. Les centristes mettent en avant les dividendes que l'Etat retire chaque année de Belfius. En 2016, ils s'élevaient à 215 millions d'euros. L'an passé, à 363 millions.

"La bonne santé financière de Belfius laisser présager que les années à venir afficheront des dividendes comparables. Or, d'un point de vue budgétaire, le taux de rendement de ce dividende est nettement supérieur au taux d'intérêt auquel l'Etat belge emprunte, lequel est proche de zéro. Rester dans Belfius induit donc un gain budgétaire structurel. A l'inverse, vendre des parts entraînerait une perte qui devrait être chaque année supportée par le budget de l'Etat belge", a expliqué M. Dispa.

Une vente de 30% des participations signifierait une dégradation structurelle du solde de financement de 75,9 millions d'euros, a calculé le député. Quant à l'impact sur la diminution de la dette, il serait marginal: de l'ordre de 0,5% du PIB. "La plus-value apportée par une opération one-shot est nettement moins intéressante que le maintien de revenus récurrents", affirme M. Dispa.

Le cdH réclame un "monitoring" de la situation de manière à apprécier l'intérêt de conserver cette participation au regard de la situation économique, en particulier des taux d'intérêt et du rendement des actions. A ses yeux, l'Etat devra dans tous les cas demeurer un actionnaire majoritaire.

Si la privatisation partielle avait lieu -ce qui n'est pas remis en cause dans la majorité- le député cdH demande que les Régions soient consultées afin qu'elles puissent envisager une entrée dans le capital. L'option avait été jugée impraticable par le précédent ministre wallon du Budget, Christophe Lacroix (PS), vu les montant "colossaux" qu'il faudrait dégager.