Le formateur a hésité jusqu'au bout

Martin Buxant Publié le - Mis à jour le

Politique belge

Making-of. Jusqu’à tard dimanche soir, il a hésité, tergiversé, voulu reporter la présentation de sa note de formateur d’un jour ou deux. "Suis-je vraiment prêt ? s’est demandé Elio Di Rupo. A-t-on bien pensé à tous les détails ?" Il a lu, relu et corrigé cinquante fois tous les détails de cette note d’une centaine de pages. Mais, l’heure c’est l’heure, et son équipe l’a persuadé qu’il n’était plus question de reculer : l’heure de se jeter à l’eau avait bel et bien sonné

Un team d’une trentaine de personnes a planché durant six semaines autour du formateur pour rédiger le document présenté ce lundi : des ministres, des collaborateurs, des traducteurs. Une ruche, donc. Les présidents des neufs formations politiques ont été consultés. Les syndicats également : discrètement, la FGTB et la CSC ont été testées sur plusieurs des idées phares de la note du formateur. Les présidents de parti n’ont eu connaissance de la note dans sa globalité qu’en début de soirée alors que Di Rupo présentait son projet à la presse (lire ci-contre).

Une partie du document est issu, quasiment mot pour mot, de la note du négociateur Wouter Beke. Ce qui est éminemment stratégique : difficile pour les démocrates-chrétiens flamand de déclasser un document dont ils savent que leur président peut s’en attribuer une partie de la paternité A la N-VA, Bart De Wever ne devrait piper mot durant quelques jours. Une stricte consigne de silence a été prescrite chez les nationalistes flamands - le temps qu’ils puissent dresser une évaluation détaillée du document mis sur la table par le formateur. La N-VA aimerait, évidemment, que l’analyse puisse être effectuée en commun avec le CD&V et l’Open VLD. Mais le CD&V ne devrait pas se laisser enfermer dans ce canevas à trois. Reste un élément, neuf, à prendre en compte côté flamand : le pas de côté effectué par Caroline Gennez. C’est que, désormais, un homme a repris le gouvernail du bateau socialiste flamand : l’ex-conciliateur royal Johan Vande Lanotte. Or, celui-ci entretient de biens meilleures relations avec De Wever que Gennez Voilà qui pourrait redistribuer les cartes côté flamand.

Côté francophone, seul le FDF est sorti une première fois du bois lundi soir pour dire tout le mal qu’il pensait de la note de Di Rupo sur le volet Bruxelles-Hal-Vilvorde Le président du MR Charles Michel a imposé une stricte consigne de silence au boss du FDF Olivier Maingain. "Le temps que l’analyse détaillée puisse être effectuée en commun", dit-on chez les libéraux. Le respect (ou non) de la consigne sera un bon baromètre de l’état des relations entre les composantes du cartel. Les autres formations politiques francophones - Ecolo et le CDH - auront également des réserves et des critiques à formuler. Mais on voit mal ce qui empêcherait ces deux partis de dire "oui" à l’entame de négociations avec Elio Di Rupo.

Au formateur de dire ensuite avec quels partis il veut entamer les négociations. Le plus vite sera le mieux.

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