Politique belge

Mercredi, le gouvernement bruxellois de Rudi Vervoort demandera la confiance de sa majorité (lire page 8). Stricto sensu, cette confiance ne porterait pas sur le dossier du futur "musée-pôle culturel" au garage Citroën qui n’est pas dans la déclaration gouvernementale. Mais l’impact de la crise sur ce projet peut être bien réel.

Dimanche, Benoît Lutgen (CDH) a confirmé le refus du CDH de nommer Yves Goldstein (PS) comme administrateur-délégué de la nouvelle Fondation qui devra conduire dorénavant le projet avec le Centre Pompidou. Une fonction qui se terminerait automatiquement à l’ouverture du nouveau Pôle Citroën en 2021 ou 2022, avec, alors, un directeur choisi après appel à candidatures.

Une désignation refusée

Le CDH a toujours appuyé ce projet et a encore approuvé en juillet dernier la prolongation du mandat d’Yves Goldstein comme "chargé de mission". Il dit ne pas avoir changé d’avis mais il ne veut pas, pour de raisons, dit-il, de "bonne gouvernance", désigner un "politique" comme administrateur-délégué d’une Fondation.

Or, il faut décider vite. La mise en route de "douze mois de préfiguration" dans l’immense friche qu’est l’ex-garage Citroën, de fin mai 2018 à juin 2019 (les travaux de rénovation commenceraient fin 2019), demande des engagements rapides de personnel (on engagerait 23 personnes) et exige de signer rapidement des premiers contrats avec les artistes et les institutions qui viendront au Citroën pendant cette année.

Pour des raisons de sécurité juridique et de souplesse, il faut, dit-on, que cela passe par une Fondation. Pour les 5 autres partis de la majorité bruxelloise, rien n’a changé et la décision qui avait été prise de prolonger la mission d’Yves Goldstein implique que ce soit évidemment lui qui pilote maintenant la Fondation jusqu’à l’ouverture.

Sept millions et demi d’euros

On en sait un peu plus aujourd’hui sur cette ambitieuse "phase de préfiguration". Un budget de 7,5 millions d’euros a été prévu pour toute la "préfiguration", y compris dépenses de personnel, paiement au Centre Pompidou, production d’expos et spectacles et un million d’euros pour l’achat d’œuvres à des artistes résidant à Bruxelles.

Le commissaire général de cette année de préfiguration est Bernard Blistène, directeur du Pompidou (en attendant, dit-on, de pouvoir "bruxelliser" davantage encore le projet).

Yves Goldstein est assisté par Laurent Busine, ex-directeur du Mac’s, et Philip Van Den Bossche, directeur du Muzee d’Ostende, et par un "comité d’orientation scientifique" chargé de proposer des projets dans lesquels se retrouvent les institutions bruxelloises (Bozar, Flagey, Wiels, Halles Saint-Géry, Centrale, Kunsten, MAD, etc.). Le but étant de travailler avec les partenaires bruxellois et les événements culturels bruxellois comme le Kunsten.

Exemples cités de projets possibles : reconstituer le pavillon Philips de Xénakis et du Corbusier de l’Expo 58 dans Ars Musica, inviter Romeo Castellucci, organiser des débats sur la colonisation dans un pavillon tropical de Prouvé, amener des œuvres de "tôles" rappelant le Citroën avec Tinguely et César, souligner la dimension mémorielle du lieu, etc.

Le timing est très serré, avec décision fin octobre sur la programmation de cette année de préfiguration, signature de la convention avec le Pompidou fin de l’année et remise alors aussi des 7 projets architecturaux soumis à un jury.