Politique belge

Le gouvernement wallon a adopté mercredi un plan d'investissements de 5,03 milliards d'euros, répartis sur 31 projets, et s'étalant sur la période 2019-2024. Ce plan additionnel aux fonds déjà dégagés pour le soutien à l'économie wallonne ou pour la rénovation des infrastructures routières ne remet pas en cause l'objectif de retour à l'équilibre budgétaire. Il s'agit d'un "plan ambitieux" qui répond à "un constat largement partagé d'un sous-investissement structurel" depuis de nombreuses années dans les infrastructures publiques, a déclaré le ministre-président Willy Borsus (MR) au cours d'une conférence de presse, en présence de l'ensemble du gouvernement wallon.

Le plan wallon comporte 31 projets d'investissements d'infrastructure de plus de 10 millions d'euros susceptibles de générer un retour sur investissement. Ces projets concernent tant les bâtiments publics, que l'action sociale, la recherche, la transition économique, l'énergie, les aéroports...

Le gouvernement wallon a décidé de mobiliser autant que possible le secteur privé ou les pouvoirs locaux. "Chaque projet sera examiné préalablement pour voir s'il est éligible à un partenariat public-privé (PPP)", a précisé M. Borsus, assurant que le plan wallon d'investissements ne remet pas en cause l'objectif d'un retour à l'équilibre budgétaire au plus tard en 2020.

"Surtout un plan de communication" pour Ecolo

Le plan d'investissement de 5,03 milliards d'euros sur la période 2019-2024, présenté mercredi par le gouvernement wallon, est "à ce stade, surtout un plan de communication", a réagi le chef de groupe Ecolo au Parlement wallon, Stéphane Hazée. Le député vert voit dans ce plan "une démarche positive dans son principe", qui consacre "un revirement à 180 degrés pour certains au sein de la coalition et en particulier pour le MR, qui voit enfin les investissements comme un élément positif à mettre œuvre et non plus comme une dépense comme les autres, qui devrait être payée cash l'année de sa réalisation".

Mais, poursuit Stéphane Hazée, "ce plan d'investissement, pour être crédible, doit reposer sur des moyens réels et additionnels" et non être du "recyclage de moyens déjà dévolus aux investissements." Or, à peine 100 millions d'euros, soit 2% du total du plan, sont réellement prévus sous cette législature, observe-t-il, estimant dès lors qu'il s'agit, à ce stade, d'un "plan de communication."

Concernant les 31 projets annoncés mercredi par le gouvernement wallon, Ecolo estime que certains sont intéressants, notamment en matière d'énergies renouvelables, de transports en commun ou de maisons de repos, "même si c'est aussi l'inventaire de ce que le gouvernement n'a pas fait depuis quatre ans, en particulier en matière de mobilité".

D'autres projets, par contre, trouvent beaucoup moins grâce aux yeux du chef de groupe Ecolo, comme "le déploiement généralisé des compteurs communicants" ou les "autoroutes autour des aéroports".

Stéphane Hazée regrette enfin que les interlocuteurs sociaux, la société civile et l'opposition n'aient pas été associés dans le choix des projets retenus.