Politique belge

C’est souvent au crépuscule des carrières politiques que les langues se délient. En l’occurrence, celle de Jacques Etienne, ex-bourgmestre CDH de Namur (2006-2012). 

Au soir des élections de 2006, a-t-il raconté, mercredi, à la "DH", "le MR devait rempiler sa majorité avec le PS, mais par un jeu de sièges, n’aurait pas eu la présidence du CHR (le Centre hospitalier régional, NdlR). Donc je l’ai approché avec Ecolo en lui proposant une tripartite et la présidence du CHR. Nous étions en train de finaliser l’accord tripartite à l’espace Kegeljan (le siège d’Ecolo, NdlR) quand j’ai reçu un coup de fil de Joëlle Milquet, alors présidente du CDH. Elle m’a dit : je viens d’avoir Elio Di Rupo (président du PS, NdlR) en ligne : si tu ne prends pas le mayorat (laissant alors la place au PS dans une majorité PS-CDH, NdlR), il te promet de te nommer gouverneur de la province de Namur." 

Ce que Jacques Etienne a refusé immédiatement. "Je lui ai répondu que je ne m’étais pas battu pour abandonner et que je ne me laisserais pas acheter." Près de douze ans plus tard, la majorité CDH-MR-Ecolo est toujours en place à Namur.