Politique belge Président de la Sowalfin et directeur d’un invest, Jean-Sébastien Belle est aussi administrateur d’une banque.

Jean-Sébastien Belle est un expert. Cet ingénieur commercial sorti de Solvay a pris en 1992 les rênes de l’invest Mons-Borinage Centre (IBMC). Ancien chef de cabinet du ministre wallon de l’Economie, Jean-Claude Marcourt (PS), il est devenu, en 2002, président du conseil d’administration de la Sowalfin (56 625 euros bruts par an), l’organisme public régional qui octroie des cofinancements aux entreprises, des garanties sur prêts et qui coordonne aussi les invests en Wallonie.

"La Libre" a déjà pointé cette double casquette fort lourde à porter. D’autant que Jean-Sébastien Belle est aussi président du conseil d’administration de la FN Herstal, "le mandat le mieux rémunéré de Wallonie", s’exclame une source.

Mélange privé/public

Mais un élément vient s’ajouter au CV de l’ex-chef de cabinet socialiste. Depuis 2014, il est membre non-exécutif du conseil d’administration (et membre du comité d’audit) de la banque CPH. Or, cette banque, surtout active dans le Hainaut, rentre des dossiers auprès de la Sowalfin et auprès d’IBMC. Autrement dit, Jean-Sébastien Belle pourrait avoir accepté un mandat privé fort encombrant en ces temps de transparence… Percevant des indemnités de CPH, certains pourraient le suspecter d’être tenté de faciliter les dossiers de cette banque, fort de sa position de président de la Sowalfin et de directeur d’IBMC.

Le cas "Liébin"

Même si Jean-Sébastien Belle n’a jamais eu de mandat politique, sa situation rappelle celle de Bernard Liébin (MR). Ce dernier est directeur exécutif de la Sowalfin tout en siégeant dans une entreprise privée qui bénéficiait de cofinancement de la Sowalfin et de CPH, banque dans laquelle il siégeait également… Depuis nos révélations, l’ex-conseiller communal de La Louvière et ex-conseiller provincial du Hainaut a annoncé sa démission de tous ses mandats politiques et publics.

"Impossible d’influencer"

Contacté au sujet de son mandat privé dans une banque, Jean-Sébastien Belle a tenu à répondre par un long mail circonstancié. En résumé, à ses yeux, il n’y a pas de problème légal ou éthique. Tout favoritisme est impossible, explique-t-il : "Un administrateur non exécutif ( de CPH) ne peut interférer, intervenir dans la gestion opérationnelle de la banque. Dans la pratique et très concrètement, conformément à la loi, un administrateur non exécutif ne peut et n’intervient pas dans le processus d’octroi de crédits et il lui est impossible d’influencer dans un sens ou dans un autre une décision de crédit. Ces dispositions sont bien évidemment respectées à la lettre." De même, en ce qui concerne son rôle à la Sowalfin, Jean-Sébastien Belle rappelle qu’il n’y joue pas un rôle exécutif. Il serait dès lors en dehors de tout conflit d’intérêts au sens légal du terme.

Par ailleurs, il nous explique que les dossiers rentrés par la banque CPH - que ce soit à la Sowalfin ou chez IBMC - représentent une part tout à fait marginale de l’activité de ces deux outils publics de développement économique. Une preuve à ses yeux qu’il n’y a pas eu "influence" de sa part en faveur des dossiers de CPH.

Enfin, Jean-Sébastien Belle n’a pas souhaité communiquer le détail de ses rémunérations, son mandat de président de la Sowalfin mis à part.