Politique belge

C’était dans l’air, c’est confirmé : le constitutionnaliste flamand Hendrik Vuye qui enseigne à l’université de Namur sera donc 3e candidat sur la liste de la Chambre de la N-VA en Brabant flamand. De quoi raviver la braise communautaire autour d’un enseignant moins critiqué pour son cours - il enseigne à Namur depuis 1993… - que pour sa proximité de la N-VA dont il est un sherpa écouté et donc très utile sur le plan institutionnel.

Le recteur de l’université de Namur Yves Poullet a mis les choses au point vendredi en estimant qu’il fallait "respecter sa décision". Car "notre université, comme stipulé dans sa charte, est un lieu de liberté d’opinions, de religion. Tous les membres de notre communauté ont donc le droit à cette li berté. Je ne peux d’aucune manière interférer avec la décision du professeur Hendrik Vuye de s’inscrire sur une liste d’un parti qui est considéré comme un parti démocratique. Nous respectons son droit à la liberté", a déclaré Yves Poullet qui a avoué qu’il était "mal à l’aise mais aucun problème sur le contenu de son cours ne m’a été rapporté".

Il a quand même rappelé au Pr Vuye les objectifs défendus dans la charte de son Alma Mater. Dont celui "qui stipule que l’université se veut un ferment de sa région. Il lui revient de se positionner par rapport à ces objectifs".

Hendrik Vuye n’entend nullement réagir à ces propos, se référant plutôt aux réactions toujours positives des étudiants à son égard à en juger par les séquences des télés francophones.

"Si vraiment on voulait m’empêcher d’exercer un droit aussi fondamental que celui de me présenter au suffrage universel pour mes opinions, il y aurait de fait un grand problème car je serais une exception absolue en Belgique", nous précise-t-il quand même.

"Jamais les recteurs de l’ULB, de l’UCL et de Namur n’ont que je sache réagi contre les candidatures de Paul Magnette, de Francis Delpé rée ou d’Etienne Cerexhe. Et Didier Reynders, Johan Vande Lanotte et Koen Geens n’ont pas eu davantage de problèmes. Alors pourquoi moi ?"

Entre-temps, d’autres critiques se sont élevées, notamment sur le blog de Marcel Sel qui a relevé que Hendrik Vuye participerait le 13 février prochain à une soirée à l’université de Gand organisée par le Nationalistische Studentenvereniging que le publiciste bruxellois n’hésite pas à qualifier de néo-nazie…

"Pas Blood and Honour !"

"C’est une conférence que j’ai donnée devant des associations aussi éclectiques que le Davidsfonds, le Marnixring, l’Orde van de Prince et le Vlaamse Volkbeweging qui l’organise en fait. Le NSV est reconnu par l’université de Gand; ce n’est donc pas une association interdite, encore moins " Blood and Honour"".

Pas question donc de se mêler à des milieux flamingants un peu "borderline" sur le plan démocratique ? "Non, je l’ai déjà dit et redit mais le répète encore : je suis radicalement antiraciste et opposé à l’idéologie du Belang sous toutes ses déclinaisons. A deux reprises, je l’ai rappelé dans le Standaard et puis vous dire que cela ne m’a pas valu que des réactions positives. Alors pourquoi toujours revenir avec cela ?"

Le constitutionnaliste namurois constate aussi qu’à quelques rares exceptions près "il n’est presque jamais possible d’expliquer le point de vue flamand dans les médias francophones" . Et d’ajouter que lorsqu’il s’y prêtait ses propos étaient déformés ou mal interprétés… Christian Laporte