Le profil de Karel De Boeck pose problème à Jean-Marc Nollet

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Politique belge

Jean-Marc Nollet (ECOLO) était l'invité du 7.40 sur Twizz Radio ce mercredi matin. Il a réagi aux propos du ministre fédéral Vincent Van Quickenborne qui a dévoilé lundi soir le nom du successeur de Pierre Mariani, l'actuel CEO de Dexia Holding (ndlr, qui par ailleurs n'envisage pas de démissionner comme il le confie ce matin à La Libre Belgique et à L'Echo). « C'est particulièrement interpellant » dit le vice-président ECOLO du gouvernement wallon à propos de Karel De Boeck « on a l'impression que dans ce monde-là (ndlr, celui des banques et de la finance), on peut passer d'une banque à l'autre en ayant oublier tout ce qui a été fait ou mal fait par le passé et retrouver une aura parce qu'on ne trouve personne d'autre ».

Il s'interroge sur la part de responsabilité de Karel De Boeck lorsqu'il exerçait des fonctions chez Fortis: « Ses places antérieures (en 2007, il était responsable du département « risques » chez Fortis puis il a été chargé de la fusion d'une partie d'ABN Amro avec Fortis Bank Nederlands (cfr. L'Echo)) ne l'éloignaient quand même pas tellement des lieux de décision, des lieux d'investissements et des choix opérationnels qui ont été effectués et qui ont conduit Fortis dans le problème qu'on connaît aujourd'hui ». « Je suis pour le moins dubitatif par rapport à cette information (ndlr, la désignation de Karel De Boeck) » indique Jean-Marc Nollet qui souligne que si cette désignation est de la responsabilité du gouvernement fédéral, elle engage tout de même très fortement l'ensemble du pays.

Jean-Marc Nollet a réaffirmé sa position concernant la décharge de responsabilités à accorder aux administrateurs de Dexia Holding qui figure à l'ordre du jour de l'assemblée générale des actionnaires qui se tient cet après-midi à 14h30. « Est-ce que nous pouvons [...] en âme et conscience donner un blanc-seing aux administrateurs alors que le bilan de 2011 est de 11 milliards de perte? Je ne peux pas le faire! » déclare le vice-président ECOLO du gouvernement wallon pour qui on ne peut pas oublier le passé. Mais cette décharge de responsabilités ne concerne que les actes posés en 2011, pas ceux d'avant, lui fait-on remarquer. Jean-Marc Nollet répond: « Si certains peuvent considérer qu'en 2011, 11 milliards de perte ce n'est rien, ce n'est pas mon cas! Je considère que c'est grave! C'est un moment extrêmement important ». Le vice-président ECOLO du gouvernement wallon rappelle les chiffres: 54 milliards de prêt de garanties par l'Etat belge et 4 milliards d'investissement pour racheter Belfius. « Ce sont des sommes colossales qui impactent aujourd'hui notre capacité d'action à soutenir financièrement le citoyen » dit-il pour évoquer les conséquences de ces engagements « nos marges de manœuvre financières au gouvernement sont limitées parce que nous avons dû intervenir financièrement ».

Il estime par ailleurs qu'on ne tire pas les leçons du passé: « Ce qui a été dit en 2008, au détour de la crise, c'est: on ne vivra plus jamais de la même manière la gestion des crises... on va en tirer toutes les leçons. Mais tirer toutes les leçons ça veut aussi dire que ces gens qui ont gérer Dexia ont aussi probablement une part de responsabilité. A quelle hauteur? A quelle ampleur? Il faut collecter les informations. Est-ce que aujourd'hui, les actionnaires ont toute l'information pour juger de la responsabilité des administrateurs? Je ne l'estime pas! ». Que va-t-il se passer à 14h30 lorsque la question des décharges sera abordée? « On verra bien comment l'ensemble des actionnaires se positionne » répond Jean-Marc Nollet « la Wallonie n'a pas une position dominante, mais on sait aussi que le gouvernement flamand doit se réunir ce matin [...] et qu'une réunion du kern ou du gouvernement, tout à l'heure, n'est pas impossible ».

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