Politique belge

Les rencontres initiées par le PS en vue de constituer la future majorité communale n'ont été qu'une mascarade, selon le cdH. Vert Ardent parle d'une opportunité de changement gâchée.

Il n'y a pas eu de véritables négociations, a déclaré vendredi Carine Clotuche, qui menait la liste cdH à Liège, après l'annonce du PS, jeudi soir, de poursuivre les discussions avec le MR seul.

Le cdH local qualifie l'alliance PS-MR de "coalition Publifin, la coalition des perdants". Le parti humaniste faisait ainsi référence au fait que MR et PS ont respectivement perdu un et cinq sièges.

"À la seconde rencontre, le PS s'est contenté de lire la note que nous avions remise et de demander des clarifications mais, jamais, il n'y a eu de négociations. À aucun moment le PS n'a suggéré une possible tripartite progressiste PS-cdH et Vert Ardent, malgré les perches tendues. La seule chose qui a été évoquée, c'est une tripartite PS-MR et cdH mais nous avons formellement refusé", déplore Carine Clotuche.

Le cdH liégeois regrette également que le PS justifie sa décision en indiquant que le cdH entendait mener une politique d'austérité. "Au contraire, nous avons suggéré des solutions d'économies, notamment concernant la publicité pour l'enseignement communal ou les frais au sein des cabinets, pour éviter l'austérité. On s'en étonne d'autant plus que le PS nous avait demandé si nous voulions le porte-feuille des finances, que nous avons gérées avec rigueur pendant 30 ans", insiste Serge Carabin, président de la section liégeoise du cdH.

Selon Benoît Drèze, conseiller communal et député wallon, l'austérité avancée par le PS est "un pur prétexte pour faire passer un partenaire docile qui se contente de trois échevinats alors qu'il pourrait en avoir quatre".

Vert Ardent du même avis

Comme le cdH, le mouvement citoyen Vert Ardent (initié par Ecolo) accuse le PS d'avoir exporté à la Ville "la majorité Publifin" renouvelée à la Province, la qualifiant également d'alliance des perdants sachant que ces deux partis ont ensemble perdu six sièges (cinq pour le PS et un pour le MR), indique vendredi Vert Ardent après l'annonce du PS, jeudi soir, de poursuivre les discussions avec le seul MR en vue de constituer la future majorité à Liège.

"A eux deux, ils représentent moins de 50 % des voix exprimées le 14 octobre. Ce choix ne respecte pas le mandat donné par les Liégeois(e)s qui ont voté à 66 % pour des partis de gauche", souligne-t-on du côté de Vert Ardent. "Les Liégeois(e)s auront donc une majorité de gestionnaires de la dette, conservatrice et socialement rétrograde. L'urgence climatique, sociale et démocratique exigeait pourtant une majorité de projets visionnaire et innovante".

Vert Ardent estime qu'une majorité alternative était possible, une tripartite sans doute davantage avec le cdH que le PTB, sachant qu'il a proposé au PS de travailler sur la base de convergences programmatiques. Le mouvement citoyen proposait notamment "une action forte concernant les logements inoccupés" ou encore la révision complète des taxes communales, notamment la taxe urbaine non-ménages.

Tout comme le cdH, Vert Ardent déplore l'absence de volonté de la part du PS de réunir ensemble les différents partis susceptibles de porter la future majorité. "Ce qui démontre son manque de volonté quant à ce scénario. Nous avons, de notre côté, rencontré le PTB, Vega et le cdH et nous étions favorables à envisager chacune de ces collaborations", précise Caroline Saal, pour Vert Ardent, qui assure que son groupe, dans l'opposition, continuera à rassembler les Liégeois(e)s qui souhaitent un nouveau projet pour Liège.