Politique belge

Cela fait en fait de nombreuses semaines que la rédaction de la RTBF enquête sur le système de rémunérations en vigueur au Samusocial. L’insistance avec laquelle un journaliste en particulier interrogeait l’ASBL sur ses pratiques a visiblement ulcéré la direction du Samusocial. Au point qu’elle a mandaté son avocat, Marc Uyttendaele - par ailleurs compagnon de la cheffe de file du PS bruxellois, Laurette Onkelinx - d’inviter la RTBF à mettre fin à ce qu’il a qualifié de harcèlement à l’égard d’une ASBL privée. 

Confirmée par plusieurs sources ertébéennes, la mise en demeure fut couchée dans un courrier envoyé par l’avocat dans le courant du mois de mars au journaliste en question, Karim Fadoul. La missive fut également transmise à Jean-Paul Philippot, administrateur-délégué de la RTBF, au président de son conseil d’administration, Jean-François Raskin, ainsi qu’à la Commission de déontologie journalistique.

Avec quel effet ? La RTBF a clairement répondu à Marc Uyttendaele que son journaliste "faisait simplement son boulot" et a donc envoyé paître l’avocat du Samusocial, assure-t-on. C’est toutefois un autre journaliste, Philippe Carlot, qui a fini par rendre publics les premiers éléments de l’enquête qui ont donné lieu à la saga du Samusocial. Pour protéger son journaliste ou calmer l’avocat ? Contacté par "La Libre", Jean-Pierre Jacqmin, patron de l’info à la RTBF, n’a pas souhaité commenter l’épisode, sans l’infirmer. 

Rappelons que le Samusocial a encore récemment sollicité le cabinet Uyttendaele pour décourager le gouvernement bruxellois dans sa volonté de faire la clarté sur les comptes de l’association. Cette démarche a d’ailleurs été la "goutte qui a fait déborder le vase", accélérant la mise en place d’une commission d’enquête.