Politique belge

A en croire les éléments financiers qui commencent à émerger, la reprise en main de la gestion du Samusocial ne relèvera pas du luxe. Le conseil du CPAS de Bruxelles se réunit ce mercredi. Une séance au cours de laquelle doit être exposé, à la demande de l’opposition CDH et Ecolo, un état des lieux des relations financières entre les deux institutions. "La Libre" a pu consulter un document préparatoire rédigé par le secrétariat du CPAS. Y sont exposés tous les soutiens et services offerts ou facturés par lui au Samusocial. Il apparaît que ce dernier n’est pas très bon payeur.

Ainsi, trois bâtiments du CPAS sont gratuitement mis à disposition du Samu. Rien d’illégitime bien sûr, mais difficile de prétendre dès lors qu’il n’y a pas de lien entre Samu et Ville de Bruxelles. D’autant que le CPAS met pas moins de 109 travailleurs (article 60) à disposition. Soixante-cinq sont facturés au Samu pour 800 euros par mois, le solde étant gratuit pour l’ASBL car associé à différents subsides.

Sous le titre "mouvements financiers", on retrouve un service de nettoyage de linge facturé au Samu ainsi que des travaux réalisés par la Régie du CPAS. Le Samu loue des emplacements de parking au CPAS. Celui-ci facture des charges dans certains de ses bâtiments ainsi qu’un engagement réalisé dans le cadre du programme de réinsertion par le logement "Housing first". "Le CPAS a procédé à des avances de trésorerie dans l’attente de la perception effective par le Samu de ses subsides", ajoute aussi la note qui, en annexe, a dressé la liste des "créances ouvertes" liées à ces différents postes.

La dette s’emballe à partir de 2013

Surprise, les dettes du Samusocial vis-à-vis de l’institution présidée jusqu’à il y a peu par Pascale Peraita, également administratrice-déléguée démissionnaire du Samusoscial, n’ont cessé d’augmenter ces dernières années pour atteindre un montant total ici établi à 2 234 645 euros. Depuis 2015, la dette "linge" s’est accumulée pour plus de 500 000 euros. Les factures ouvertes pour les travaux de la Régie s’élèvent à 267 000 euros. Les fameux emplois article 60 représentent une dette de près de 800 000 euros qui a commencé à gonfler à partir de 2015.

Tant Jacques Michel (conseiller CDH du CPAS) que Jérôme Jolibois (Ecolo) jugent ces montants "préoccupants". Notamment si l’ancienneté de ces créances se confirme. Les plus anciennes datent de 2001 mais on constate une accélération de l’endettement à partir de 2013, le déficit passant de 55 000 à 118 000 euros. Il atteignait près de 800 000 euros rien que pour 2016. La direction intérimaire du CPAS refuse de commenter, réservant ses explications au conseil. "Notre receveur a eu un contact récemment avec le directeur financier du Samu pour la clôture de ces différentes créances", rassure toutefois la note en guise de conclusion.