Politique belge Abîmés pourtant par une image de grévistes permanents, les chauffeurs des Tec débrayeront la semaine prochaine.  Analyse.

Avec le dépôt d’un préavis de grève pour les 30 novembre et 1er décembre au Tec, la grogne syndicale à l’égard du gouvernement fait tache d’huile et gagne l’espace politique wallon. Ce premier bras de fer avec l’exécutif régional risque de conduire les usagers des bus et des trams vers un chaos qu’ils connaissent bien - les récentes manifestations contre le gouvernement Michel ont provoqué plusieurs journées sans bus - et qu’ils acceptent de plus en plus mal.

Rappelons que les transports en commun wallons sont gérés par la SRWT (société régionale wallonne de transport). Une société publique qui chapeaute 5 autres structures Tec (Hainaut, Charleroi, Namur-Luxembourg, Brabant wallon et Liège-Verviers). Le nouveau gouvernement wallon (MR-CDH) semble résolu à transformer radicalement la société de transport wallonne. Et c’est bien ça qui irrite les syndicats.

Le ministre des Transports, Carlo Di Antonio (CDH) souhaite notamment qu’à l’avenir, lors du dépôt d’un préavis de grève, les chauffeurs qui ne veulent pas participer au mouvement, le fassent savoir. Forts de ces informations, les Tec pourraient alors organiser une desserte minimale sur leurs territoires respectifs. Ce service minimum est le principal motif de mobilisation à la CGSP et à la CSC.

Mais il n’est pas le seul. Le gouvernement wallon veut aussi fusionner les cinq Tec. Ce que les syndicats refusent également, considérant que cette fusion entraînera "pour les travailleurs des difficultés individuelles pour l’ensemble de leur carrière", expliquait jeudi la CGSP.

Le ministre, lui, compte bien aboutir en mars ou en avril 2018. Au pas de charge, donc, à l’égard d’une société de transport où certaines composantes (Charleroi et Liège-Verviers) ont toujours eu tendance - moins depuis quelques années, il est vrai - à débrayer facilement. Trop facilement. Ce préavis de grève n’empêchera pas Carlo Di Antonio, qui l’a précisé jeudi, de mener à bien sa réforme.

La preuve. Pour tenter d’empêcher la tenue d’une grève à la fin de la semaine prochaine ou d’en minimiser l’impact, le ministre CDH a convoqué, jeudi, les patrons de la SRWT et des cinq Tec et leur a demandé de trouver des solutions.

Des moyens revus à la baisse

Du côté des syndicats, on est cependant fort énervé et tout aussi résolu que le ministre. Arguant que depuis plusieurs années, ils tentaient de réduire drastiquement le nombre de jours de grève annuels, en participant à une procédure interne de conciliation (Amédis), qui a, et c’est un fait, porté ses fruits, les syndicats dénoncent la baisse de moyens, octroyés par le gouvernement, aux bus wallons depuis plusieurs années.

Il reste une semaine à la direction de la SRWT et des Tec pour tenter de ramener les syndicats à des intentions moins conflictuelles. Pas certain qu’ils y parviennent, même si l’annonce de la CGSLB, qui a refusé de s’associer à la grève, peut conforter le gouvernement dans son choix d’avancer coûte que coûte.

Si les syndicats ont raison de dénoncer la baisse des moyens, l’image qu’ils véhiculent depuis de nombreuses années les rend, par contre, moins sympathiques à l’égard de l’opinion publique.