Politique belge

Charles Michel n’avait pas besoin de cela, pas maintenant. Alors que le Premier ministre tente de redonner du souffle à son gouvernement miné par les divisions, Jacqueline Galant marque contre son camp, celui du MR. Ces dernières semaines, tant Olivier Chastel, président du parti, que Charles Michel ont tenté de dissuader la bourgmestre de Jurbise de commettre un impair.

C’était mal connaître Jacqueline Galant et sa capacité à mettre les pieds dans le plat. C’était sous-estimer sa personnalité imprévisible. Il y a deux semaines à peine, le locataire du "16" était persuadé d’avoir réussi à la raisonner. Mais en fait, pas du tout… Le top du MR a été bien surpris de constater en début de semaine que la députée wallonne allait quand même régler ses comptes dans un ouvrage dont la dernière version - la plus "cash" - n’avait pas été communiquée au parti.

Le MR se retrouve désormais face à ses vieux démons, ceux de la division entre le clan Michel et le clan Reynders durant le douloureux épisode "Renaissance". Jacqueline Galant avait contesté le pouvoir de Didier Reynders le plus violemment lorsqu’il cumulait son mandat de président du MR et celui de vice-Premier. Dans "Galant, je vous dis merde !", l’ex-ministre fédérale l’accuse d’avoir comploté pour la faire chuter.

L’attaque contre Reynders

Voici le passage le plus dur : "D’où viennent toutes ces critiques et cette pression ?, s’interroge-t-elle à l’égard de ses déconvenues au gouvernement fédéral. Je pense que Didier Reynders les a clairement alimentées. Il n’a jamais digéré le mouvement ‘Renaissance’ initié contre lui et qui lui a coûté son poste de président du MR. Hervé Jamar (ex-ministre fédéral du Budget), Marie-Christine Marghem (ministre fédérale de l’Energie) et moi-même sommes dans le clan Michel. Pilonner avec succès les ‘hommes’ de Charles Michel était l’occasion rêvée pour Didier Reynders de s’en prendre au Premier ministre sans devoir l’attaquer frontalement."

Crucke : "Son cas relève de la psychiatrie"

Chez les "reyndersiens", cette attaque frontale passe très, très mal. "Je trouve lamentable de tenter de se justifier par rapport à des responsabilités ministérielles en tentant de raviver la guerre des clans alors qu’il y a désormais du dialogue, déplore Jean-Luc Crucke, l’un des plus fidèles grognards de Didier Reynders. Galant veut laver plus blanc que blanc en noircissant le monde politique. Mais elle oublie de rappeler dans son livre que son retour au parlement wallon n’a pas été très glorieux…. Elle est venue pleurer pour avoir une présidence de commission. Elle ne peut donc pas jouer les oies blanches. Si c’est ça, le clan ‘Renaissance’, j’espère que ceux qui étaient avec elle à l’époque vont se distancier aujourd’hui de ses attaques. Son cas ne relève plus de la psychologie mais de la psychiatrie."

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