Politique belge

Il y a les optimistes : "L a prochaine fois qu’Elio Di Rupo ira chez le Roi, ce sera pour présenter les contours d’un accord sur la réforme de l’Etat. Et il ressortira du Palais avec le titre de formateur "

Il y a les sceptiques : "Pour moi, c’est structurellement foutu. Elio Di Rupo se bat comme un beau diable. Mais Bart De Wever n’a pas ce qu’il souhaite. La question est de savoir qui portera la responsabilité de l’échec."

Il y a les résignés, les combatifs : "Le soleil ? Je ne le verrai pas ce week end."

Donc, après la trêve royale, qui a permis au chef de l’Etat de revoir, jeudi et vendredi, chacun des présidents de partis engagés dans la négociation institutionnelle, le préformateur, Elio Di Rupo, relancera les discussions dès ce samedi, 14 h 30. Cette suspension officielle - certains groupes de travail ont quand même continué à travailler - a permis de faire retomber un peu la température et de faire le point dans chacun des états-majors des sept partis politiques.

Mardi soir, on avait senti que la N-VA était amère après le refus francophone de revoir de fond en comble la loi de financement. Et, dans le même temps, on avait perçu, chez Elio Di Rupo, une certaine déception et un certain découragement : déception parce que, précisément, la N-VA exigeait de remettre la loi de financement sur le métier - alors que Bart De Wever s’était engagé à ne pas le faire. Et un découragement, aussi, parce que cette manœuvre était vécue, par les francophones, comme un retour en arrière. Pas facile à vivre sur un plan politique mais aussi humain.

Mais voilà. Il faut donc "faire avec" et tenter de relancer les négociations dans un climat apaisé et serein. Ce samedi, Elio Di Rupo devrait proposer à ses collègues présidents de partis un mode de révision de la loi de financement qui convienne à tous. C’est-à-dire sans ouvrir la boîte de Pandore, comme le craignent les francophones, mais en acceptant quand même une remise en question de certains paramètres : les anomalies dénoncées par les francophones (natalité insuffisamment prise en compte, clé 80/20 à Bruxelles, etc.), mais aussi, on peut l’imaginer, certaines exigences flamandes relatives, par exemple, à une plus grande autonomie fiscale (voir ci-contre).

Sera-ce suffisant, non seulement pour garder la N-VA à table mais pour l’inciter à s’engager dans une logique de compromis, de concessions réciproques ? Il y a comme un bras de fer, ou plutôt un petit jeu du style, "je te tiens, tu me tiens par la barbichette, le premier qui rira " Car la N-VA semble ne pas vouloir s’engager dans de réelles négociations gouvernementales tant qu’elle n’a pas l’engagement que le périmètre de négociation comprendra bien, outre les transferts de compétences, les principes de responsabilisation financière, limité ou pas aux matières transférées. Les autres partis disent : entamons les négociations gouvernementales et nous y réglerons ces problèmes-là.

Un sentiment domine : les Flamands, la N-VA en particulier, ne pourront plus tergiverser très longtemps. Il faut que le parti donne, rapidement, des signes de bonne volonté politique. Comme le président du CD&V, Wouter Beke, l’a fait après les dernières explications d’Elio Di Rupo.

Quelle sera la réponse de la N-VA ? Les paris sont ouverts.