Politique belge

L’annonce des démissions refusées par le Premier ministre, Charles Michel (MR), des ministres de l’intérieur Jan Jambon (N-VA) et de la justice Koen Geens (CD&V) fait écho à d’autres événements du même type qui se sont produits dans l’histoire politique du pays.

On ne peut évidemment pas s’empêcher de comparer ce qui s’est produit aujourd’hui avec l’évasion de Marc Dutroux du Palais de justice de Neufchâteau en 1998. S’il sera finalement rattrapé, l’affaire provoquera deux démissions au sein du gouvernement Dehaene. Le ministre la Justice, Stephan Declerck (contraint et forcé) et celui de l’Intérieur, Johan Vande Lanotte qui après avoir tenté vainement de s’accrocher pendant quelques heures se sont résolus à assumer et à quitter leurs fonctions.

A l’époque du drame du Heysel, la démission du ministre de l’intérieur, d’alors, Charles-Ferdinand Nothomb (PSC) était réclamée à cor et à cri. L’Ardennais avait pourtant tenu bon et avait refusé de présenter sa démission. Le ministre de la justice, Jean Gol (PRL) avait, en réaction, présente sa démission et celle de tous les ministres libéraux au Premier ministre Wilfried Martens qui se rend dès le lendemain chez le Roi. Ce dernier refusera la démission du gouvernement.

D’autres exemples célèbres de l’histoire politique du pays sont présentés ci-dessous.

Léo Delcroix (CVP). En 1992, alors qu’il est ministre de la Défense, un hebdomadaire flamand révèle que des employés de La Poste ont travaillé dans sa villa de Bormes-les-Mimosas sans être déclarés. Il démissionne dans la foulée.

Les trois Guy (PS). C’est en 1993, suite à l’enquête sur l’assassinat d’André Cools que la Justice découvre une affaire de corruption dans l’achat d’hélicoptères Agusta par la Défense. L’affaire entraînera la démission de Guy Spitaels et Guy Mathot (ministres wallons PS) et de Guy Coëme (ministre fédéral PS).

Karel Pinxten (CVP) et Marcel Colla (SP) (1999). La crise de la dioxine et du poulet contaminé vient polluer sévèrement la campagne électorale de 1999. Deux ministres fédéraux, Colla (Santé) et Pinxten (Agriculture) se voient contraints de démissionner.

Pierre Chevalier (SP et VLD) 1990 et 2000. Un cas presque unique dans l’histoire politique récente du pays puisque Pierre Chevalier démissionnera deux fois. La première en 1990 alors qu’il est au parti socialiste flamand et en charge de la politique scientifique au sein du gouvernement belge pour des irrégularités dans la comptabilité de son cabinet. Passé au VLD, il devient secrétaire d’Etat au Commerce extérieur en 1999. Poste qu’il quittera en 2000 pour des liens suspects avec des affaires bancaires.

Magda Aelvoet (Agalev). C’est en 2002, après l’octroi d’une licence d’armes à la FN pour une vente concernant le Népal, que la ministre Agalev (Groen, désormais), Magda Aelvoet quitte le gouvernement où elle est vice-Première ministre en charge de l’Environnement et de la Santé publique.

Anissa Temsamani (SP). Son passage au gouvernement fédéral comme secrétaire d’Etat en 2003 durera 74 jours. Il lui sera reproché d’avoir menti sur son parcours scolaire.

Jean-Claude Van Cauwenberghe (PS). Alors qu’un certain nombre d’hommes politiques socialistes et carolos sont rattrapés par la Justice en 2005, Jean-Claude Van Cauwenberghe, ministre-Président wallon quitte ses fonctions estimant ne plus être soutenu par son parti.

Frédéric Laloux (PS). C’est en 2008 que l’éphémère secrétaire d’Etat à la Lutte contre la pauvreté, le socialiste namurois, Frédéric Laloux démissionne deux semaines seulement après sa nomination. En cause, notamment, toute une série d’informations sorties dans la presse et visant l’utilisation de cartes essences lorsqu’il était échevin à Namur. Une interview donnée à la RTBF dans laquelle il précise que n’ayant pas encore reçu de bureau, il travaille dans sa voiture. Avec une image, très rapidement décrédibilisée à tort ou à raison, Frédéric Laloux choisit de démissionner.

Didier Donfut (PS). En 2009, alors qu’il est ministre wallon de l’Action sociale, le socialiste Didier Donfut démissionne suite à une affaire de présumé conflit d’intérêt entre ses activités ministérielles et son rôle d’expert dans le secteur énergétique.

Nous pouvons encore citer Steven Vanackere (CD&&V) en 2013, Daniel Ducarme (MR) en 2004, Bert Anciaux (Spirit) en 2002, Isabelle Durant et Olivier Deleuze (Ecolo) en 2003 ou Louis Tobback (SP) en 1998.