Les gestes de De Wever rappellent l'entre-deux-guerres à Magnette

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Politique belge

Politologue respecté avant d'être un politicien plébiscité, Paul Magnette, futur bourgmestre socialiste de Charleroi, connait l'importance des mots, de leur choix, de leurs sens et de leurs sous-entendus.

Sans vouloir se prononcer sur le fond, on peut difficilement ne pas être interpelé à la lecture d'un article intitulé « La marche sur Anvers » posté sur son site paulmagnette.be.

Le Carolorégien s'y interroge sur la perception nouvelle qu'ont les Wallons de la Flandre, et plus particulièrement de Bart De Wever, après la célébration de sa victoire à Anvers lors des dernières élections communales.

"Le spectacle largement diffusé par les médias francophones en direct, de la marche sur Anvers, a glacé les esprits" s'exprime Paul Magnette. "Même ceux qui, comme moi, répètent depuis des années que la N-VA n’est pas un parti d’extrême droite, qu’il faut éviter les amalgames avec le Vlaams Belang et les comparaisons avec les années sombre de l’entre-deux-guerres, ont été saisi d’effroi. La mise en scène (soigneusement orchestrée depuis des mois, apprit-on plus tard) de cette marche sur l’hôtel de ville, avec cortège de partisans et flambeaux, la traversée de foules enthousiastes, le discours triomphal et déjà dirigé vers la prochaine échéance électorale, tout cela a, pour quiconque a étudié l’histoire, des relents inquiétants – ou à tout le moins de très mauvais goût. L’image du leader vociférant, les traits tirés et agressifs, le doigt pointé dans la posture de l’accusateur, image qui a tourné en boucle dans tous les journaux depuis lors, synthétise la scène et l’accueil qu’elle reçut du côté francophone. La métamorphose physique du leader nationaliste est aussi une métamorphose politique : sa gourmandise, son humour et sa bonhomie semblent avoir disparu pour ne plus laisser subsister, sans fard, que l’ambition de pouvoir, et un discours nationaliste et conservateur teinté d’une agressivité qu’on ne lui avait pas connu jusqu’alors."

Si tout est dans l'implicite, si aucune comparaison avec le régime mis en place par Hitler n'est explicitée par le ministre fédéral, on ne peut que constater qu'il met en écho cette période de l'histoire avec l'attitude de "l'historien" Bart De Wever.

"L'histoire dira si cet effroi fut la sensation d’un soir, ou s’il marqua un tournant majeur" s'interroge encore Paul Magnette. L'histoire dira aussi si de telles prises de positions marqueront l'avènement d'un discours plus musclé de la part des socialistes francophones vis-à-vis de la N-VA.

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