Les partenaires sociaux mettent la pression sur le conclave

Belga Publié le - Mis à jour le

Politique belge

Le front commun syndical a lancé lundi "un appel, sous forme de mise en garde" au gouvernement, réuni en conclave budgétaire, dans lequel il l'invite à "ne pas suivre la logique, dangereuse et difficilement réversible, des représentants des organisations patronales, a fortiori sur la question des salaires et de la flexibilité". Pour les responsables syndicaux, "les organisations patronales ont mis à mal les négociations en vue d'un Accord interprofessionnel et mis en péril notre modèle de concertation sociale".

Ainsi, assurent-ils, "fait gravissime", les chiffres de l'écart salarial par rapport aux trois pays voisins de référence ont été "manipulés" par les organisations patronales en cours de négociation. Ces "manipulations" laissent apparaître la non prise en compte de quelque cinq milliards de subsides fiscaux et parafiscaux dont bénéficient effectivement les entreprises.

Alors que les principaux ministres du gouvernement sont à la recherche de mesures de relance pour plusieurs centaines de millions d'euros, les syndicats font valoir que "tous les efforts déjà subis par les travailleurs et les allocataires sociaux pour améliorer la soi-disant compétitivité des entreprises n'ont produit aucun effet à ce jour et ont, en plus, mis en difficulté les finances de l'Etat et la sécurité sociale".

Estimant que ce qui se trouve aujourd'hui sur la table des négociateurs "ne peut constituer les bases sérieuses d'une relance digne de ce nom", le front commun exige que l'on "inverse la tendance" et que le gouvernement prenne des "mesures fortes".

Pour le front commun syndical, il est hors de question que la relance se fasse sur le dos des travailleurs et des allocataires sociaux. "Remplacer la suppression de notre système d'indexation automatique via un blocage salarial pour les six prochaines années et une flexibilité accrue est totalement inacceptable", dit-il.

Plus tôt dans la journée, la Fédération des entreprises de Belgique (FEB) avait pour sa part appelé le gouvernement à reconsidérer son intention d'imposer un impôt minimum aux grandes entreprises, s'inquiétant des "retombées extrêmement négatives qu'elle pourrait avoir sur l'ancrage des grands groupes belges et internationaux dans notre pays".

Publicité clickBoxBanner