Politique belge

Les députés qui sont trop souvent absents du parlement voient leur salaire raboté, mais cette règle ne vaut pas pour les parlementaires qui sont également présidents de parti, détaillent mardi les journaux Le Soir, Het Nieuwsblad, De Standaard, de Gazet van Antwerpen et Het Belang van Limburg.

Le président de la Chambre Siegfried Bracke (N-VA) a confirmé l'existence de cette exception. La règle entrée en vigueur en 1993 stipule que les députés ne perçoivent l'intégralité de leur indemnité parlementaire que s'ils ont participé à 80% au moins de votes en séance plénière. Dans le cas contraire, leur salaire est raboté de 10%.

Mais, comme l'écrivait déjà Le Soir samedi, ce qui vaut en principe pour les 150 députés de la Chambre ne s'applique pas pour ceux qui sont aussi présidents de parti. Cette "coutume" permet aux sept présidents de parti actuellement députés à la Chambre d'échapper à une baisse de leur salaire s'ils sont trop souvent absents. Le député Hendrik Vuye en a obtenu confirmation auprès du président de la Chambre, Siegfried Bracke (N-VA).

"Le système qui prévoit une exception à la règle pour les présidents de parti existe", d'après la réponse de M. Bracke. "(...) Cela existe depuis 2003. Selon le document retrouvé, cela fut proposé par le greffier de l'époque au président de la Chambre d'alors (Herman De Croo, VLD, NDLR), qui l'a introduit. Selon l'information dont je dispose pour le moment, il ne semble pas que le président de l'époque l'ait communiqué au Bureau ou à la Conférence des présidents. Ce système n'a pas changé depuis lors."

Les présidents de partis réagissent

Pour la majorité des présidents de partis, l'exception leur permettant de ne pas être sanctionnés financièrement en cas d'absence trop fréquente à la Chambre, peut ou doit disparaître. "Je n'étais pas au courant de ce traitement de faveur pour les présidents de parti quant à leur taux de présence au parlement. Cette règle doit disparaître", a ainsi réagi sur Twitter le président du MR, Olivier Chastel. Ce dernier a par ailleurs indiqué ne pas être concerné par cette exception, "ayant un taux de présence à la Chambre de 95%".

"Je suis généralement présent le jeudi à la Chambre, sauf en cas de mission à l'étranger. Mais en ce qui me concerne, l'exception prévue pour les présidents de parti peut être supprimée", a pour sa part assuré Bart De Wever, le président de la N-VA.

Discours identique du côté de Meyrem Almaci (Groen). "Cette exception n'est pas nécessaire. Quand on est représentant du peuple, on est représentant du peuple", a-t-elle souligné.

"Si des règles existent, elles doivent prévaloir pour tout le monde. Y compris pour les présidents de parti. Je ne demande et ne souhaite aucun traitement de faveur", a de son côté affirmé Wouter Beke, à la tête du CD&V.

Les parlementaires ayant participé à moins de 80% des votes à la Chambre se voient sanctionnés par la perte de 10% de leur salaire, à l'exception des présidents de parti. Bart De Wever (N-VA), Wouter Beke (CD&V), Meyrem Almaci (Groen), Elio Di Rupo (PS) et Olivier Chastel (PS) échappent donc à cette sanction. Le député Hendrik Vuye en a obtenu confirmation auprès du président de la Chambre, Siegfried Bracke (N-VA), rapportaient mardi matin la presse flamande et Le Soir.