Politique belge Après le congrès doctrinal du PS, ce mouvement interne a-t-il encore un sens ? Réponse lundi.

Ils sont députés, élus locaux, militants, membres de la FGTB… En juin dernier, des dizaines de socialistes se sont rassemblés pour exprimer leur colère face aux scandales qui ont frappé leur parti, le PS. Publifin, Samusocial, autant de mots qui sont devenus désormais des insultes pour ceux qui défendent l’idéal socialiste en Belgique francophone. Ces révoltés du PS avaient alors créé un mouvement interne destiné à pousser le parti à se réformer en termes de gouvernance, à fonctionner de manière plus horizontale, mais également à se doter d’une ligne plus à gauche, plus écologiste, plus européenne. Le nom de ce mouvement? "Groupons-nous et demain !", en référence à un passage de l’hymne socialiste et communiste, "L’Internationale".

Le PS est déjà plus rouge et plus vert…

Petit problème pour "Groupons-nous et demain !" : le PS vient de prendre, justement, un virage à gauche lors du congrès idéologique de Liège, le 26 novembre dernier et est devenu officiellement "écosocialiste". A l’occasion de cette actualisation de la charte de Quaregnon, les socialistes ont adopté un nouveau manifeste aux accents marxistes et 170 mesures que le PS s’engage à défendre lorsqu’il est au pouvoir - dont la réduction du temps de travail avec embauche compensatoire, l’interdiction des licenciements collectifs injustifiés, etc.

Dans la foulée du congrès, une quarantaine de membres de "Groupons-nous et demain !" se sont retrouvés au musée liégeois de la Boverie. Faut-il continuer le combat et, si oui, comment ? Selon nos informations, ils se reverront à Bruxelles lundi prochain pour trancher cette question alors que le PS a évolué dans le sens qu’ils souhaitaient. En tout cas, sur le plan idéologique.

"Le PS manque de transversalité"

Marina Libertiaux, l’une des porte-paroles du mouvement, confirme. "Il ne s’agit cependant pas de se demander si c’est ‘stop ou encore’, précise-t-elle. On va se voir le 11 décembre chez un particulier pour réfléchir au sens que l’on donne à nos actions. Certains organisent des débats de leur côté mais on n’est pas là pour distraire les militants dans les sections locales… Nous ne voulons pas faire de mal au parti mais, aujourd’hui, le PS manque toujours de transversalité, par exemple. On va aussi lister les mesures que nous demandions et qui n’ont toujours pas été intégrées dans les textes du parti. C’est important alors que les élections locales approchent."