Politique belge

Et si, malgré le peu d’engouement pour un tel scénario, il fallait quand même se résoudre au plan B ? Et si la seule conclusion que l’on pourra tirer des négociations institutionnelles devait être la scission du pays ? Dans ce cas, c’est l’option d’une fédération Wallonie-Bruxelles à côté d’une Flandre indépendante qui prend le dessus dans l’opinion publique (35 % des avis exprimés). La création de 3 petits états indépendants - Wallonie, Flandre et Bruxelles - vient ensuite avec 23 % des suffrages. Le rattachement de la Wallonie à la France pointe loin derrière (14 % des opinions exprimées), juste avant l’option d’une Wallonie indépendante à côté d’une fédération associant Bruxelles et la Flandre (12 %).

On constate cependant des aspirations très différentes d’une région à l’autre. En Flandre, deux options dominent à part plus ou moins égale : la création de 3 états indépendants (27 %) et un rattachement de Bruxelles à la Flandre (26 %). On remarque cependant un certain désarroi, puisqu’un Flamand sur quatre ne sait pas ce qu’il souhaite en cas d’éclatement du pays. C’est nettement plus qu’en Wallonie (13 %) et à Bruxelles (15 %). Il semble donc que les francophones, qui sont majoritairement unitaristes, sont aussi ceux qui sont les mieux préparés à une éventuelle scission. Ou, en tout cas, qui s’attendent le plus à ce que ce scénario arrive un jour.

Les Wallons, eux, ont une préférence nette en cas d’éclatement du pays : la création d’une fédération Wallonie-Bruxelles à côté d’une Flandre indépendante. Cette option recueille même une majorité absolue (53 %). Le second scénario est le rattachement à la France, mais il arrive quand même loin derrière le premier (21 %). La perspective d’une Wallonie indépendante n’a que très peu de partisans (10 % des Wallons interrogés). Et celle de voir se former un Etat composé de Bruxelles et de la Flandre est carrément rejetée (2 %).

Quant aux Bruxellois, ils seront, en cas de scission, partagés entre deux options : soit unir leur destin avec la Wallonie (39 %) soit voler de leurs propres ailes (34 %). Aucun autre scénario n’a leur faveur.