Politique belge

Quelque 15 à 20 militants du Taal Aktie Komitee et du Voorpost ont été expulsés lundi soir de la salle du conseil communal de Linkebeek où ils étaient venus dans l'intention de manifester bruyamment leur opposition à des prises de parole en français.

Le président du conseil Damien Thiéry avait recommandé vendredi dernier aux conseillers francophones de s'exprimer dans leur langue après l'adoption d'un nouveau rapport du Conseil de l'Europe dénonçant l'attitude restrictive des autorités de la Région flamande en la matière. Jeudi dernier, le Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l'Europe avait invité les autorités flamandes à supprimer le système de nomination des bourgmestres par le ministre de l'Intérieur du gouvernement flamand. Il avait aussi recommandé de "réviser les modalités d'application des lois linguistiques" afin de permettre l'emploi à la fois du français et du néerlandais par les conseillers municipaux ainsi que par le collège et les citoyens des communes à facilités.

Lundi soir, les militants flamingants ont donné de la voix dès qu'un conseiller francophone s'est autorisé à répondre en français, dans le cadre d'une question orale d'Eric De Bruycker (Pro Link). Habillés en clowns, ils ont également exhibé des affiches évoquant un "cirque" et dénonçant, le double jeu, selon eux, de l'Europe. Reprenant un argumentaire développé par la ministre flamande des Affaires Intérieures, Liesbeth Homans (N-VA), le TAK a jugé que le rapport du Conseil de l'Europe avait été rédigé en méconnaissance de la législation et des équilibres belges.

Damien Thiéry a aussitôt fait procéder à l'évacuation de la salle et interrompu la séance durant un quart d'heure.