Politique belge

L'ancien bourgmestre, lâché de toutes parts, va jusqu'à parler de trahison.

Mais que se passe-t-il, encore, à Linkebeek ? Le climat politique a longtemps été délétère dans cette petite commune à facilités, et la situation va encore s'aggraver puisque l'actuelle bourgmestre Valérie Geeurickx, ainsi que l'échevin Yves Ghequière, vont monter une liste dissidente lors des élections communales du 14 octobre prochain. 

Une liste que rejoindra également l'échevin PS Pasquale Nardone, selon nos confrères de L'Echo. Résultat : deux listes francophones se feront face, au lieu d'une seule liste unie comme initialement prévu.

Contacté, Pasquale Nardone explique que sa décision est dictée par une position idéologique. "Il a été décidé lors d'une réunion lundi soir de créer une seconde liste des francophones avec plus de pluralité et d'ouverture. Le MR est lié à la N-VA au gouvernement fédéral, et le parti nationaliste flamand est opposé aux facilités accordées aux francophones. Il est dès lors peu cohérent d'appuyer idéologiquement le MR sur une liste conjointe", explique Pasquale Nardone, contacté par La DH.

Une situation d'autant plus surprenante que la liste Union des francophones s'était toujours montrée soudée lors des nombreux soubresauts politiques du passé. La liste Union des francophones vole donc en éclat. Damien Thiéry parle, lui, de trahison.

"Une trahison !"

"Bien sur que c'est une trahison ! J'ai appris qu'Yves Ghequière était occupé depuis le mois de janvier à réaliser cette liste dissidente à l'Union des francophones. Ghequière sera tête de liste, et Valérie Geeurickx la poussera. Cette situation émane notamment d'un différend avec le président du CPAS (Philippe Thiéry, qui n'est autre que... le grand frère Damien Thiéry, NdlR), qui estime que ma gestion de la commune est trop stricte. Il nous reproche également de ne pas avoir approuvé le budget et le plan pluriannuel du CPAS en 2014. Il trouvait cela inconcevable alors que c'est l'ensemble du conseil communal qui ne l'a pas approuvé. Il y a donc une certaine rancœur de sa part dans ce dossier", explique Damien Thiéry.

Et le libéral de poursuivre : "Certes, j'ai un management très rigoureux, mais extrêmement efficace. Cette liste dissidente a également été réalisée suite aux reproches que j'ai adressés à l'actuelle bourgmestre Valérie Geeurickx lorsque je lui ai fait remarquer qu'elle ne suivait pas suffisamment ses dossiers. Cela ne lui a pas plu."

Il était, selon Damien Thiéry, fondamental de conserver cette union francophone jusqu'en 2019. "En janvier 2019, il y aura, dans les communes à facilités, une fusion administrative des CPAS et des communes et nous n'aurons plus de problèmes budgétaires de cet ordre. J'ai tenté d'apaiser la situation mais malgré ça, j'ai reçu une fin de non-recevoir et on se retrouve aujourd’hui dans cette situation", poursuit Damien Thiéry.

Selon lui, cette situation fait désormais le jeu de la N-VA. "Liesbeth Homans (ministre flamande de l'Intérieur, NdlR) est parvenue à ses fins en réussissant à diviser les francophones. Désormais, je suis en train de composer ma liste et j'invite toute personne qui souhaite contribuer de manière constructive à la gestion communale de Linkebeek à la rejoindre. J'espère que Défi me suivra", conclut Damien Thiéry.

Nous avons tenté de contacter Yves Ghequière et Valérie Geeurickx pour recueillir une réaction, en vain.

Pour rappel, la situation politique au sein de cette petite commune à facilités du sud de Bruxelles, composée d'une grande majorité de francophone, est des plus chaotiques depuis les élections de 2006 et de 2012, suite à un conflit avec le gouvernement flamand pour des faits de "violations sur la législation linguistique".