Politique belge

Il aura été le bon coup de communication du PP (Parti populaire) et de son président Mischaël Modrikamen, à la veille des défuntes élections fédérales, régionales et européennes de mai 2014. L’arrivée de l’ancien Monsieur Météo de la chaîne privée RTL-TVI, viré après des propos, tenus sur les réseaux sociaux, qui dépassaient les bornes, constituait pour le PP une chance de récolter des voix. Placé en tête de liste pour les élections européennes, celui qui était à l’époque soutenu par de nombreux citoyens, avait certes réalisé un score plus qu’honorable mais insuffisant pour siéger à Bruxelles et à Strasbourg.

La suite de la collaboration entre Trullemans et le PP semblait continuer sagement. Finalement, Luc Trullemans a quitté "d’un commun accord" , assure-t-il, le bureau politique du PP. "Mais je reste sympathisant. Il est clair que je ne ferai plus jamais de politique, je préfère me consacrer à ma carrière scientifique. La politique je ne suis pas fait pour ça" , explique-t-il. La machine à voix du PP ne remplira donc plus ce rôle lors des prochains scrutins de 2018 (élections communales) et de 2019 (régionales, fédérales et européennes).

L’autre bon coup du président Modrikamen, plus récent celui-là, d’attirer dans ses rangs, Jean-Claude Goblet, le frère du secrétaire général de la FGTB, Marc du même nom, a également fini par échouer. On apprenait chez nos confrères de "L’Echo" que quatre mois après avoir rejoint le PP, il décidait de le quitter. Fatigué, explique-t-il dans une lettre envoyée à son président, de cette "obsession des immigrés et de l’immigration" et qu’il plaçait désormais le PP à l’extrême droite. Des propos qui tranchent avec les versions "anonymes" qui nous précisaient que Jean-Claude Goblet, lors d’une réunion du PP, soutenait une alliance avec le FN belge qui pourrait prochainement renaître de ses cendres. Et que, face à certaines oppositions internes, Jean-Claude Goblet aurait décidé de quitter le parti.

Un rapprochement avec Nation a été évoqué

Une chose est claire, cependant, Mischaël Modrikamen redoute, par-dessous tout, le retour éventuel du FN qui siphonnerait, sans doute, une très grande partie des voix du PP. C’est pourquoi, l’avocat de Watermael-Boitsfort aurait envisagé un rapprochement avec Nation (extrême droite dure) qui serait resté sans suites. Les cinq années qui séparent le scrutin de 2014 de ceux de 2018 et surtout 2019 sont difficiles pour un petit parti qui compte très peu d’élus (deux conseillers communaux et un député fédéral, le député wallon ayant quitté le PP). Le parti doit aussi faire face à quelques mécontents qui pensaient, naïvement sans doute, que les choses allaient bouger après le scrutin de 2014. Quelques-uns de ces déçus ont décidé de quitter le PP.

Et puis, il y a aussi cette fronde interne qui refuse un cartel avec La Droite, comme annoncé il y a quelques mois, partant du principe que les scores cumulés de ces deux partis dans les sondages, pourraient amener un nombre certains d’élus aux prochaines élections législatives.

Il nous revient que Modrikamen préfère encore attendre avant d’entériner ce mariage de raison espérant d’ici là trouver les remplaçants porteurs médiatiquement de Trullemans et de Goblet.