Politique belge

La lutte contre l'impunité est d'une grande importance pour la reconstruction de la société au Moyen-Orient après la défaite militaire du groupe djihadiste Etat islamique (EI), a affirmé lundi le chef de la diplomatie belge, Didier Reynders, qui a toutefois évoqué la nécessité d'un équilibre avec la réconciliation lors d'une conférence internationale à Bruxelles. 

M. Reynders co-présidait lundi, avec son homologue libanais, Gebran Bassil, la 3ème conférence internationale sur les victimes de violences ethniques et religieuses au Moyen-Orient. Cette conférence, organisée au Palais d'Egmont, s'inscrit dans le cadre plus large des efforts politiques, militaires et humanitaires de la communauté internationale dans la région. Elle s'inscrit dans un cycle entamé à Paris en 2015 et poursuivi à Madrid en 2017 qui est consacré à la nécessité de préserver l'héritage culturel, confessionnel et ethnique du Moyen-Orient - en particulier en Irak et en Syrie.

Cette conférence se veut un forum pour tous ceux qui sont engagés à œuvrer pour un retour sûr dans leurs foyers et à la protection durable des minorités religieuses et ethniques au Moyen-Orient. Certaines de ces communautés ont été victimes de crimes contre l'Humanité, de crimes de guerre et d'autres violations très graves des droits de l'Homme. Elles ont été parfois menacées dans leur existence même et restent très fragiles aujourd'hui, malgré la défaite militaire de Daech (l'acromyne arabe de l'EI).

M. Reynders a dans son intervention insisté sur l'importance de la lutte contre l'impunité.

"Les méfaits de l'EI ne peuvent rester impunis. Pour la récupération, il est crucial qu'ils (les djihadistes) soient rendus responsables de leurs crimes", a-t-il dit.

"Mais nous devons simultanément veiller à la réconciliation, faute de quoi il sera impossible de faire à nouveau vivre ensemble des personnes dans le même pays. Trouver un équilibre entre réconciliation et lutte contre l'impunité constitue dès lors aussi un défi important", a dit le ministre belge des Affaires étrangères.