Politique belge

C’est Charles Michel (MR) lui-même qui a lâché l’information en séance plénière de la Chambre, ce jeudi après-midi. Interrogé sur l’arrestation administrative dont une équipe de journalistes de la RTBF a fait l’objet mercredi matin, devant le centre fermé 127 bis de Steenokkerzeel, le Premier ministre a indiqué avoir “reçu une lettre d’un ministre de la Fédération Wallonie-Bruxelles” (FWB) dans laquelle il est écrit que c’est “le gouvernement qui aurait donné l’ordre d’arrêter les journalistes.”

“Fake news, mensonge, populisme”, s’est emporté le chef du gouvernement fédéral.

Un courrier signé Marcourt

L’auteur de la lettre est Jean-Claude Marcourt (PS), le ministre des Médias en FWB (ou Communauté française). “La Libre” a pu la lire. Elle est assez courte.

“Nous avons été informés de l’arrestation administrative de journalistes et techniciens de la RTBF dans l’exercice de leurs fonctions, écrit-il au Premier ministre. La fonction de journaliste est d’informer et, dans notre démocratie, toute entrave est une remise en cause de celle-ci. Je ne peux accepter que, sur ordre de votre Gouvernement, il soit porté atteinte de la sorte à la liberté d’informer nos concitoyens. Pourriez-vous m’indiquer de la suite que vous comptez donner à cette entrave manifeste à la liberté de la presse.”

Il avait allumé la mèche sur Twitter

Dès mercredi, sur Twitter, M. Marcourt avait estimé que l’arrestation était “l’expression de la dérive autoritaire de ce Gouvernement de droite”. Pour l’heure, il n’a cependant pas précisé sur quels éléments il s’appuie pour lancer ces accusations.

L’équipe de la RTBF avait été arrêtée alors qu’elle effectuait un reportage sur une action du collectif #NotInMyName contre l’ouverture d’un nouveau centre fermé pour les familles à proximité de l’aéroport de Zaventem. Ces faits ont donné lieu à un échange assez vif, ce jeudi à la Chambre, entre le Premier ministre, le ministre de l’Intérieur Jan Jambon (N-VA) et certains membres de l’opposition.

Jeudi soir, le groupe MR au Parlement de la FWB a demandé "au ministre Marcourt de venir s’expliquer au parlement dans les plus brefs délais et, le cas échéant, de présenter les éléments dont il dispose pour porter une si grave accusation au nom de son gouvernement ou, sinon, d’en tirer les conséquences éventuelles".