Politique belge Le ministre Prévot (CDH) crosse le député Jeholet (MR) tout en taclant le partenaire PS.

En lisant, mardi matin, la sortie du chef de groupe MR au Parlement wallon, Pierre-Yves Jeholet dans "La Libre", le ministre wallon de la Santé, Maxime Prévot (CDH) a failli s’étrangler. Le libéral l’accusait de mettre en danger la 6e réforme de l’Etat sur les dossiers relatifs à l’assurance autonomie et aux allocations familiales. "Soit vous témoignez d’une méconnaissance totale du dossier, soit vous avez été animé exclusivement par une volonté de nuire, avec une mauvaise foi crasse. Et si vous voulez mon opinion, je pense que c’est les deux", a asséné Maxime Prévot à Pierre-Yves Jeholet en commission des Affaires sociales, mardi au Parlement wallon.

Le seul point sur lequel le ministre et le député seraient d’accord, selon Prévot, concerne la volonté du PS (partenaire du CDH dans la majorité) à faire réellement avancer l’assurance autonomie. "S’agissant de l’assurance autonomie, pour laquelle vous connaissez le combat de mon parti de longue date et l’accord politique qui a été obtenu à l’été 2015, il est parfois effectivement compliqué d’avancer aussi vite que l’on souhaite quand d’autres tirent le frein à main."

Rassurant sur les allocations familiales

Pour le reste, Maxime Prévot a tenu à expliquer au chef de groupe MR que jamais, au grand jamais, la mise en place d’une assurance autonomie n’était liée à la sixième réforme de l’Etat : "Les marges, comme vous les appelez, qui ont été négociées lors de cette fameuse 6e réforme de l’Etat et la loi spéciale de financement n’ont jamais été destinées à couvrir ou à financer ou alimenter l’assurance autonomie. Jamais. A l’époque, il n’a même jamais été envisagé que le gouvernement wallon fasse une assurance autonomie. C’est un acquis politique qui a été négocié à l’été 2015, après un an déjà de fonctionnement du gouvernement, et alors même que la loi spéciale de financement n’envisageait pas qu’il y ait quelconque poche pour la financer."

Sur les allocations familiales, pour lesquelles le député MR exprimait aussi de vives inquiétudes - comme le secrétaire national de la CSC Marc Becker avant lui -, Maxime Prévot s’est aussi voulu rassurant. De vives inquiétudes alimentées par des problèmes de transferts de personnel entre le fédéral et l’Aviq (organisme pararégional qui devra gérer les allocations familiales wallonnes à partir de 2019).

"Le travail est, il est vrai, colossal, a confié le ministre CDH. Mais nous sommes en ordre de marche, même si nous sommes aussi dans l’attente d’une série de décisions relevant du Fédéral relatives notamment au transfert du personnel, des bâtiments de Famifed ainsi qu’au sort des réserves des caisses." S.Ta.