Politique belge

Le conseil d’administration du Samusocial s’est discrètement réuni la semaine dernière, confirment plusieurs sources à "La Libre".

S’il s’agissait apparemment de faire le point sur la situation de l’association au cœur du scandale depuis la fin du mois de mai dernier, la réunion a aussi été marquée par la présence d’Yvan Mayeur, ex-bourgmestre de la Ville de Bruxelles, et de Pascale Peraïta, ancienne directrice.

Les deux ex-PS ont pourtant été emportés par l’affaire des rémunérations accordées par l’ASBL à certains de ses responsables. Rappelons que l’ensemble du CA a démissionné et attend toujours qu’une assemblée générale soit convoquée afin de renouveler les instances du Samusocial.


Pascal Smet dit avoir joué les médiateurs, dans la tempête, dans l'intérêt des sans-abri

Le ministre bruxellois de l'Aide aux Personnes Pascal Smet (sp.a) s'est défendu vendredi devant la commission d'enquête sur le Samusocial d'avoir voulu empêcher d'accroître le contrôle sur l'association d'aide aux sans-abri. Dans un climat tendu, et face notamment à Yvan Mayeur qui se construit d'après lui dans le conflit, il a selon lui voulu jouer les médiateurs pour obtenir plus de contrôle mais en tenant compte de la réalité juridique d'une association de type privé. Comme l'ex-ministre Brigitte Grouwels (CD&V), il a dit considérer que le PS n'avait pas agi comme un seul homme dans ce dossier. Ainsi, le ministre-président socialiste actuel Rudi Vervoort fut selon lui "le premier à afficher la volonté de contrôler le Samusocial".

"Mon objectif a toujours été les sans abri. J'ai toujours considéré que le fait que les SDF doivent vivre dans la rue, certainement en hiver est indigne d'une ville", a dit d'emblée le ministre.

Selon lui, il y a avait une volonté claire et partagée, du moins sur le papier, de constituer une association de Chapitre XII (ndlr: dépendant des CPAS). Mais faute d'accord concret entre les CPAS de la Région, il fallait composer avec le Samusocial, association dans les faits directement liée au secteur public, mais juridiquement de type privé.

L'actuel gouvernement bruxellois a voulu contrôler davantage le travail de l'asbl fortement subsidiée, mais il ne suffisait pas de le décréter. Il fallait une négociation pour y parvenir au moins partiellement dans un premier temps. Cela a mené à la conclusion d'un contrat de gestion et à la présence partielle de commissaires du gouvernement, en attendant l'élaboration d'une ordonnance actuellement en chantier.

"Vis-à-vis de la Ville de Bruxelles, d'Yvan Mayeur et de Pascale Peraïta au Samusocial, je me sentais parfois dans la position du médiateur... Entre Yvan Mayeur et ma collègue Céline Fremault (ndlr: en charge comme lui de l'Aide aux personnes) aussi, mais ce n'était pas la faute de Céline", a expliqué le ministre.

Pour Pascal Smet, stratégiquement, il fallait ouvrir une brèche pour permettre de faire entrer des commissaires de gouvernement au Samusocial. "Je ne voulais pas être dans la situation d'Evelyne Huytebroeck" (ndlr: en charge du dossier de 2004 à 2014).