Politique belge

Alexis Deswaef, le président de la Ligue des Droits de l'Homme (LDH), qualifie les 28 mesures relatives à la justice et à la sécurité arrêtées dimanche par le gouvernement de "poudre aux yeux".

L'avocat dénonce en particulier l'extension du nombre de places en centre fermé et l'instauration d'une "peine de sûreté". Le Conseil des ministres extraordinaire de dimanche a approuvé le Masterplan centres fermés pour les personnes en séjour illégal, qui prévoit notamment une forte extension de la capacité de retour existante.

"Inclure les réfugiés dans un conseil traitant de sécurité est une faute", estime M. Deswaef. "C'est un sujet qui doit s'inscrire dans un agenda social. On crée ainsi un amalgame entre les réfugiés d'une part et les terroristes et les criminels d'autre part", déplore M. Deswaef, qui enjoint au gouvernement de définir une vraie politique migratoire.

Le président de la LDH fustige également la mise en place d'une "peine de sûreté". Cette mesure consiste en la possibilité pour le juge du fond qui prononce la condamnation initiale d'édicter, pour les infractions les plus graves, une période minimale de détention en dessous de laquelle ne pourra pas descendre le tribunal d'application des peines.

"C'est du populisme pénal", tonne M. Deswaef, qui souligne qu'une telle mesure, là où elle a été appliquée, n'a jamais montré son efficacité contre la criminalité. Il regrette le manque de réflexion sur la surpopulation carcérale "qui engendre la violence".


Les associations de défense de commerçants satisfaites

Les associations de défense des indépendants, UCM et SDI, sont satisfaites dans l'ensemble des mesures décidées dimanche à l'occasion du Conseil des ministre extraordinaire sécurité-justice. L'Union des classes moyennes salue notamment l'introduction de la possibilité d'un règlement transactionnel entre le commerçant et le voleur, un procédé existant déjà aux Pays-Bas et enregistrant de bons résultats. La mesure doit "permettre aux commerçants qui prennent un voleur sur le fait de lui proposer, pour éviter les poursuites civiles, une sorte d'amende équivalente par exemple à cinq fois le montant de la marchandise dérobée", explique l'UCM. Le Syndicat des indépendants et des PME est plus sceptique à cet égard. "Le commerçant et sa clientèle risquent dorénavant de courir des risques supplémentaires et le SDI se refuse à ce qu'un commerçant mette sa vie et celle de ses clients en péril en jouant au shérif sur ses terres. C'est à la police d'assurer ce rôle", soutient le SDI.

Ce dernier, tout comme l'UCM, rappellent que le paiement électronique constitue un garantie de sécurisation non négligeable. Les deux organisations se réjouissent des pistes envisagées dimanche. Fin 2017, le pourcentage de déduction pour investissements liés aux paiements numériques augmentera à 20,5% et la déduction des frais de location des terminaux bancaires sera majorée de 50%, selon le SDI.

Concernant les attaques informatiques, "les PME sont sous-protégées contre des menaces qui peuvent avoir des répercussions considérables", pointe le syndicat. "Le gouvernement prévoit de développer des actions dans le domaine de l'information, de la sensibilisation et de la formation des PME aux menaces que représente la cybercriminalité", souligne-t-il. L'UCM salue, elle, la volonté d'associer les PME dans l'effort national pour la cybersécurité et indique qu'elle y "contribuera avec engagement".